Voirloups

Les voirloups (mâle, les femelles sont des birettes) sont des créatures fantastiques maléfiques nocturnes mentionnées dans le folklore du pays d’Othe. Ce sont des hommes ou des femmes aux âmes noires, capables de se changer en loups, il ne s’agit pas d’une sorte de loup-garou, mais plutôt d’un « cousin » de celui-ci, puisqu’il peut se transformer en d’autres animaux: renards ou encore en chats. Ils se métamorphosent la nuit, attaquent le bétail et boivent le sang de leurs victimes. Leurs yeux peuvent allumer des feux à distance. Sous leur forme humaine, ils posséderaient une tache rouge en bas de la colonne vertébrale ou une fourche à deux dents sur l’épaule gauche.

Les voirloups sont à l’origine des hommes ou des femmes aux âmes noires, coupables des sept péchés capitaux2 et qui se laissent posséder par Satan. Les voirloups se métamorphosent à minuit, après s’être enduits les membres inférieurs, devant et derrière, avec une mixture nommée l’amalgame (composée de semence humaine obtenue dans les sabbats, du sang nuptial d’une vierge, de la graisse d’un porc tué le vendredi saint, à trois heures de l’après-midi, qui est devenue rance, et d’un filet de bave du Diable). Ils adressent une supplique à Satan et sont recouverts par le pelage de l’animal désiré tout en conservant l’entendement humain. Ils se promènent dans la forêt de minuit à l’aube sans faire de bruit, égorgent et dépècent les chiens et le bétail et se désaltèrent du sang de leurs victimes. Les voirloups sont généralement solitaires, mais ils savent se retrouver pour associer leurs pouvoirs maléfiques. La vue du sang les affole et ils ne se calment qu’en versant le sang à leur tour.

La première personne à avoir rencontré des Voirloups est le père Vivien de Maraye-en-Othe qui, alors qu’il se rendait chez un homme du nom de Balthazar Cornarot pour lui administrer les derniers sacrements, se heurta à une meute de ces créatures. Elles protégeaient la maison du mourant car celui-ci avait passé un pacte avec le Diable et devait lui donner son âme. Il n’était donc pas question qu’il s’échappe en recevant d’un prêtre l’extrême onction. Mais le père Vivien força le passage à coup d’eau bénite et put sauver le chanceux vieillard – qui, si on y réfléchit bien, n’est pas à plaindre puisqu’il a pu bénéficier de tous les avantages d’un pacte démoniaque sans céder sa place au Paradis. Tout ceci se passait dans le bois de Vire-Loup.

Les voirloups sont souvent invulnérables. Ce sont des adversaires très dangereux pour l’être humain auquel ils s’attaquent; toutefois, ils ne les tuent pas, mais leur sucent parfois le sang comme des vampires. Il est impossible de tuer les voirloups; en revanche, lorsqu’on les blesse, même s’ils sont insensibles à la douleur et guérissent très vite, ils en conservent toujours des cicatrices. Les yeux du voirloup peuvent allumer la paille ou le fourrage à distance, à flanc de coteau, dans les champs, les granges. Les voirloups sont de plus nyctalopes et redoutent les premières lueurs du jour car lorsque le Soleil se lève et que le coq se met à chanter, leur peau animale éclate et ils reprennent forme humaine.



Les voirloups passent leurs journées à épier les mortels pour vérifier qu’on ne dit ni n’écrit rien sur eux. Ceux qui se risquent à les décrire sous leur forme animale en font connaissance à la nuit tombée. On les piège difficilement ; ils n’ont pas la faculté de jeter des sorts mais les voirloups sont par nature poussés à accomplir le plus de mal possible au nom de Satan.