Le cheval Mallet

Le cheval Mallet ou cheval Malet est un cheval fabuleux et maléfique mentionné dans le folklore français de la Vendée, du Poitou, plus généralement dans le pays de Retz, près du lac de Grand-Lieu. Cet animal est réputé apparaître le soir ou au milieu de la nuit sous la forme d’un magnifique cheval blanc ou noir, sellé et bridé, qui apparaît le soir ou la nuit sur les routes. Et tente les voyageurs épuisés par un long voyage de monter sur son dos, si un voyageur croise son chemin et l’enfourche, l’animal prend le galop et chevauche toute la nuit à travers le pays. Sa vitesse est telle que le vent de son passage incline jusqu »à terre les arbres géants que la tempête ne dérange pas de leur solennelle immobilité. À son arrivée les forêts se sont couchées. Devant ses yeux éblouis le cavalier voit les villes et les bourgs défiler aussi promptement que dans un rêve. En quelques instants il a parcouru l’univers. Lorsque le matin approche, il jette sa victime dans un précipice ou dans un cours d’eau, ou bien le désarçonne et le piétine à mort.

Plusieurs légendes très semblables circulent à propos des imprudents qui chevauchent cette monture. Ils n’en reviennent jamais à moins de posséder sur eux la rançon du voyage, ou un charme de protection tel qu’une médaille de saint Benoît. Le cheval Mallet est vu comme un instrument du Diable, voire une forme de Satan lui-même. Peut-être issu de Sleipnir et de la chasse sauvage, sa légende est très semblable à celle d’autres chevaux fabuleux tels que lou drapé ou la blanque jument.

En 1862, un recueil de légendes vendéennes mentionne la mésaventure d’un coureur de cabaret et de veillée qui rencontra à Saint-Benoist-sur-Mer un palefroi très amical, un soir. L’animal plia les genoux pour permettre à son cavalier de bien se placer en selle, mais à peine celui-ci avait-t-il saisi les rênes qu’il se sentit emporté à une vitesse vertigineuse, à travers le marais, les plaines, les collines, les broussailles et les ruisseaux. « Vingt fois, le coursier chercha à désarçonner son cavalier, et vingt fois, celui-ci résista aux efforts de son indomptable adversaire ; force fut au cheval Mallet de ramener, au lieu où il l’avait pris, le villageois qui ruisselait, il est vrai, de sueur, de poussière et de sang, mais qui était demeuré vainqueur. Il devait son salut à la médaille de saint Benoît qu’il portait à son cou ».

Un homme de Saint Philbert du Pont Charrault fit sur un cheval mallet un incomparable voyage .Il était porteur du talisman sacré le sou marqué. Le réveil du jour le surprit à Paris. Il descendit de cheval sans encombre et resta trois jours dans la capitale. Il y mena joyeuse vie. Ces trois jours ont compté dans son existence parmi les plus heureux. Il avait parcouru le monde et connu Paris Laissez moi vous donner un conseil. Ne voyagez pas sur un cheval inconnu. Ayez toujours dans votre poche la rançon du voyage.

La tradition en Poitou: art populaire, ethnographie, folklore, hagiographie, histoire, musique, chansons, danses, patois, sorcellerie. Société d’ethnographie nationale et d’art populaire



Le seul salut pour le voyageur était d’avoir sur lui la rançon du voyage :

– Jeter six pièces de monnaie marquées d’une croix devant lui pouvait le stopper.
– Effectuer un signe de croix, utiliser de l’eau bénite ou un sou marqué…..
– Mais la seule protection véritablement efficace était une médaille de Saint Benoît (dite « croix des sorciers »).

Les lettres (VRSNSMVSVQLIVB) qui figurent autour de cette médaille protègent des périls, sont censées signifier « Vade retro, Satana ; Non suadeas mihi vana ; suntvana quae libas ; ipse venena bibas ».