Le cheval et l’âne

Un homme avait un cheval et un âne. Un jour qu’ils étaient en route, l’âne, pendant le trajet, dit au cheval : « Prends une partie de ma charge, si tu tiens à ma vie. » Le cheval fit la sourde oreille, et l’âne tomba, épuisé de fatigue, et mourut. Alors le maître chargea tout sur le cheval, même la peau de l’âne. Et le cheval dit en soupirant : « Ah ! je n’ai pas de chance ; que m’est-il arrivé là, hélas ! Pour n’avoir pas voulu me charger d’un léger fardeau, voilà que je porte tout, avec la peau en plus. »

Un Cheval richement paré, rencontra dans son chemin un pauvre Âne qui gémissait sous le poids de sa charge. Le Cheval, que son riche harnais rendait insolent, remplissait l’air de hennissements, et criait à l’Âne de se retirer et de lui faire place. L’Âne saisi de frayeur, se rangea promptement sans répliquer. Le Cheval allait à la guerre ; il en revint si harassé et si usé, que son maître le voyant hors d’état de lui rendre aucun service, le vendit à un Paysan qui le mit à un chariot pour porter du fumier. L’Âne le rencontra au bout de quelque temps, et lui demanda, tout étonné d’un changement si étrange, ce qu’il avait fait de son beau harnais, de sa riche housse, de son mors doré, qui le rendaient si fier et si superbe, et qui lui inspiraient tant de mépris pour ceux qui ne voudraient maintenant faire aucune comparaison avec lui.

 

 

Illustrations:

Haut de page:

ESOPE. – Recueil de Fables d’Esope. Ouvrage destiné à l’Instruction et à l’Amusement des Enfans ; orné d’une gravure à chaque Fable. Par Augustin Legrand. – Paris : Debray, libraire, Palais du Tribunat, Galerie de Bois ; Legrand, 8 place du Muséum, An 9-1801, in 12 obl., 98 p. avec les planches qui ne sont pas paginées.
Illustrations : frontispice et 50 planches gravées. Frontispice : Esope, deux enfants et des animaux



Texte:

1-ESOPE. – Esope en bel humeur, ou fables d’Esope, en vaudevilles, avec gravures par Augustin Legrand ; et calendrier pour la présente année. Dédié à l’aimable jeunesse. – Paris : Batilliot frères, imprimeurs-libraires, 11 rue du Foin St.-Jacques. Se trouve aussi chez les marchands de nouveautés, [ca. 1825], in 16, 61 p. de texte et 61 p. de planches.
Illustrations : frontispice sur une double page et 61 planches gravées illustrant les fables
Frontispice :
” Mon livre en ces jours de fêtes
Ne convient pas aux seuls enfants
Le sage, même à cinquante ans
Proffite à l’école des Bêtes ”

2-ESOPE ; BENSERADE (Isaac de). – Fables choisies d’Esope, avec le sens moral en quatre vers et les quatrains de Benserade. Edition ornée de cinquante-trois gravures en taille-douce. – Paris : Boulland et cie, 12 rue du Battoir, 1825, in 16 obl., 132 p. Illustrations : 51 planches gravées, certaines en couleur.