Le château fort

Historique

Dans la continuité des forts Romains, les premiers châteaux forts du Xe au XIe siècles étaient généralement en bois ou une combinaison de bois et de pierres.

Le matériel utilisé dépendait aussi de la disponibilité aux alentours du lieu de construction. Ainsi, les châteaux Anglais du XIe et XIIe siècles étaient le plus souvent en bois alors qu’en Anjou, les tours étaient en pierre à partir du Xe siècle. La pierre, plus résistante, remplaça le bois un peu partout. Si elle n’était pas disponible sur place, elle pouvait être importée. Par exemple, la Tour de Londres fut construite avec des pierres provenant de Caen.

Château à motte
Château à motte

L’origine de nombreux châteaux forts est obscure et il est rare de posséder des détails précis. Lorsque l’autorité centrale est faible, certains sont entrepris sans l’autorisation du roi; C’est probablement la cas du donjon à motte. D’autres sont construits avec l’accord de l’administration publique.

En Bretagne, par exemple, les ducs de revendiquent de plus en plus l’octroi des châteaux forts et tous les seigneurs auxquels ils en accordent un deviennent leurs vassaux et doivent leur rendre hommage en leur remettant, à partir de la fin du XIVe siècle, des documents appelés “aveux” qui souvent contient des détails architecturaux des châteaux.

L’emplacement des châteaux forts est très varié. Parmi ceux qui deviennent les centres d’importantes seigneuries, beaucoup occupent des sites d’une portée militaire considérable. Les plus impressionnants sont des rochers isolés, des éperons au pied desquels s’étale une vallée, des escarpements, des points protégés par des falaises abruptes, des vallées profondes et autres abris naturels.

Les avantages d’un site sont souvent renforcés par la construction de fossés ou par une excavation plus générale et une escarpe. Lorsque le terrain n’est pas surélevé, on élève une motte artificielle et pour les châteaux forts situés en contrebas, l’eau est utilisée comme défense. Certains centres urbains comme Rennes et Vannes sont renforcés par l’adjonction d’un château fort. Ce type de forteresse, parfois proche d’une frontière sensible, peut contrôler une route importante, un pont ou un gué.

En raison de la protection qu’ils offrent, des villes grandirent rapidement autour d’un grand nombre de châteaux forts établis sur des terrains vierges. Au début du XIIIe siècle, des seigneurs fondent des châteaux forts dans la perspective plus générale de créer de nouvelles villes, et à la fin du Moyen Âge peu de villes de quelque importance ne possèdent pas un château fort.

A l’intérieur, l’emplacement d’un château fort dépend souvent de considérations autres que purement défensives. Certaines fonctions civiles, administration des domaines et exercice de la justice, sont importantes, de même que la proximité de terrains de chasse et la distance entre châteaux forts. Lors du morcellement de domaines importants, certains châteaux forts sont spécifiquement réservés aux branches cadettes des familles seigneuriales.




Les autres caractéristiques de ces premiers châteaux forts sont leur palissade, les crénelures, les ponts-levis, les corps de garde, les fossés et les escarpes révèlent la précarité dramatique de ces constructions en bois.

Dans l’architecture seigneuriale française, la tour demeure un thème récurrent. Avec le développement des châteaux de pierre, les donjons ont continué à jouer le rôle principal de résidence du seigneur. La tour habitable d’un manoir assure la sécurité plus que la défense. Dès que la pierre remplace le bois, les édifices acquièrent un caractère plus permanent. La taille du donjon fournit une indication sur les aspirations des seigneurs bâtisseurs.

Construction d’un château fort

L’architecture d’un château ou d’un manoir est dominée par l’existence d’un plus grand nombre de niveaux et de tours. Les grands réduits de forme rectangulaire et circulaire des derniers châteaux médiévaux servent de modèle à la petite noblesse. Jusqu’aux XVIe et XVIIe siècles, le statut social constitue un puissant facteur de survie, non seulement des tours mais également d’autres éléments architecturaux comme les douves et les meurtrières. En période de danger, les tours servent de refuge. Elles révèlent aussi l’importance du seigneur qui, de leur sommet, domine littéralement et métaphoriquement ses sujets aussi bien que parfois les seigneurs du voisinage.