La Tarasque, bête faramine

La Tarasque, aussi appelée la «bête faramine», est un animal du folklore provençal qui hantait jadis les marécages près de Tarascon. (Elle est en Provence le pendant de la Vouivre dans le Jura.) La légende dit que la Tarasque était la fille de Béhémoth et de la Vipère. Elle avait l’apparence d’un dragon à six pattes recouvert d’une carapace, avec une tête de lion, des oreilles de cheval et une queue écailleuse se terminant par un dard. elle vivait tapie dans une cavité aquatique naturellement creusée sous le château de Tarascon, elle dévorait les voyageurs qui passaient le Rhône semant la terreur dans tout Tarascon et faisait sombrer les navires.

Ce monstre est une sorte de dragon à six pattes courtes comme celles d’un ours, un torse comme celui d’un bœuf, recouvert d’une carapace de tortue et muni d’une queue écailleuse se terminant par un dard de scorpion. Sa tête a été décrite comme étant celle d’un lion aux oreilles de cheval avec un visage de vieil homme.

Elle est décrite de la façon suivante par Jacques de Voragine dans la Légende dorée qu’il écrivit dans les années 1261-1266 :

 Il y avait, à cette époque, sur les rives du Rhône, dans un marais entre Arles et Avignon, un dragon, moitié animal, moitié poisson, plus épais qu’un bœuf, plus long qu’un cheval, avec des dents semblables à des épées et grosses comme des cornes ; il se cachait dans le fleuve d’où il ôtait la vie à tous les passants et submergeait les navires.

Marthe domptant la Tarasque
Marthe domptant la Tarasque, peinture du XVIIIe siècle Musée des Arts et traditions populaires.

Plusieurs versions existent pour expliquer la fin du monstre. Un jour, une jeune fille originaire de Béthanie, sainte Marthe, venue évangéliser la Basse-Provence, décida de braver la bête. Avec toute la compassion que lui procurait sa foi chrétienne, elle obtint la soumission de la créature qui se laissa mener en laisse : sainte Marthe avait ligoté à jamais ce symbole du paganisme.

Elle ne tua pas la Tarasque. Avec sa croix et de l’eau bénite, elle la rendit la créature docile et lui demanda de la suivre. La Tarasque, ainsi domptée, accepta, Marthe passe sa ceinture autour du cou de la Tarasque et défila avec elle dans le village.

Mais le village avait subi tant de pertes que ses habitants se ruèrent sur le monstre et le tuèrent.

 

 

La Tarasque de Tarascon a été inscrite à l’inventaire du patrimoine culturel immatériel en France en 2019, cependant depuis le 25 novembre 2005, les fêtes de la Tarasque à Tarascon ont été proclamées, par l’UNESCO, comme faisant partie du patrimoine oral et immatériel de l’humanité et inscrites en 2008 parmi l’ensemble Géants et dragons processionnels de Belgique et de France. La Tarasque ne sort qu’une fois par an (en principe le 29 juillet, jour de la Sainte Marthe mais il ne reste plus grand-chose du monstre processionnel ; il s’agit plutôt d’une exhibition folklorique et touristique.

À son passage, il était d’usage (et c’est encore l’usage aujourd’hui) de pousser le cri traditionnel :

Lagadeou, lagadigadeou, la Tarascou
Lagadeou, lagadigadeou, lou Casteou

(lagadeou est une onomatopée, le casteou fait allusion au château de Tarascon)