Hung Ku Chiang Chih

Il y avait autrefois un joueur d’échecs renommé qui s’appelait Qiu. Personne ne pouvait l’égaler et il n’avait jamais rencontré d’adversaire digne de lui dans la région.

Qiu enseignait à deux jeunes gens l’art des échecs. L’un d’eux s’appliquait beaucoup et suivait les explications du maître avec attention, alors que le second était distrait. Il était bien là comme son camarade, ayant l’air d’écouter, les yeux fixés sur le jeu; mais en réalité sa pensée était ailleurs: Il songeait tout le temps aux oies sauvages qui passaient dans le ciel et dont il lui semblait entendre les cris, et il aurait voulu prendre son arc et aller en abattre quelques-unes.

Il en résulta que le premier élève devint vite un joueur d’échecs consommé tandis que l’autre, bien qu’il eût passé beaucoup de temps à apprendre ce jeu n’en retint que quelques vagues rudiments.

Était-ce que son camarade était plus doué que lui ? Que non pas; il faut en chercher ailleurs la cause.