Hatti, un peuple disparu

Qui étaient les Hattis ?

Les Hattis étaient une civilisation qui a habité la région de l’actuelle Anatolie, Turquie du 26ème siècle au 18ème siècle environ avant J.C. Considérés comme les premiers colons de la région, leur existence peut être attribuée aux tablettes cunéiformes akkadiennes du 24ème siècle.  Le peuple hatti reste très mal connu. On considère généralement qu’ils occupent l’Anatolie depuis plus longtemps que certaines populations indo-européennes, en premier lieu les Hittites mais aussi les Palaïtes, car ceux-ci leur ont emprunté une partie de leur vocabulaire, de leurs dieux et de leur religion. 

La porte du Lion sur le côté sud-ouest de la ville haute de Hattuša.

La plupart des archéologues pensent qu’ils étaient indigènes de la région avant la célèbre civilisation hittite, arrivée au 23ème siècle avant J.C. Les Hattis (ou Hattus) se seraient installés vers 2800/2500, mais ils restent mal connus. La plus ancienne trace aujourd’hui retrouvée sur ce peuple de l’Anatolie centrale, sous le nom de “Terre du Hatti”, a été trouvé en Mésopotamie dans un document Akkadien datant de la période de Sargon d’Akkad (2334-2279). Ensuite le pays fut envahi, de vers 2300 à vers 2000, par trois peuples, qui parlaient des langues Indo-européennes d’une très grande similitude. On retrouve ces peuples dans la littérature Hittite sous le nom de : Louvite (ou Luwite), Nésite (Hittite) et Palaïte. Puis on retrouve mention du Hatti autour de 1900 dans un autre document provenant d’une colonie Assyrienne de Cappadoce.

Le premier souverain du Hatti dont on ait connaissance est Pamba, qui aurait vécu au début du XXIIIe siècle (On trouve aussi vers 2160 ?). Il n’apparait que dans un récit largement postérieur à son règne supposé, on ne sait pas s’il a vraiment existé ou bien s’il est un personnage fictif. Son nom est mentionné dans un récit de Naram-Sin d’Akkad (2255-2218) concernant une bataille contre une alliance de 17 Rois, comprenant entre autres Pamba, Roi du Hatti et Zipani, Roi de Kanesh (ou Kaniš ou Neša ou Kültepe). Ce texte est la plus ancienne mention connue du peuple Hatti.

Sphinxs
Deux sphinx sur la porte intérieure au point le plus élevé et le plus méridional des fortifications de la ville de Hattuša.

Les deux cultures ont lentement fusionné, les Hittites adoptant une variété de croyances et de pratiques religieuses Hatti. On pense que bon nombre des plus grandes colonies hittites, telles qu’Alaca Hoyuk et Hattusa, étaient à l’origine Hatti. Bien qu’elles aient leur propre langue parlée, aucune preuve d’une forme écrite de la langue Hatti n’a jamais été trouvée. Il est probable qu’ils étaient multilingues, peut-être pour faciliter le commerce avec leurs partenaires assyriens. En fait, la plupart de ce que nous savons sur les Hattis vient de l’adoption généralisée de leur culture par les Hittites. Leur population a probablement existé en majorité pendant des décennies – voire des siècles – alors qu’ils étaient sous le règne aristocratique des Hittites, avant qu’ils ne sombrent finalement dans l’obscurité.

Les premières sources historiques pour la région sont celles des archives des marchands assyriens ayant établi des comptoirs en Cappadoce (XIXe et XVIIIe siècles av. J.-C.), dans un pays dominé par les Hittites-Nésites, mais où les éléments hattis sont encore présents. Il faut chercher l’habitat des Hattis dans la région qui a donné leur nom, où existe à cette époque un « royaume du Hatti », dont la capitale est située à Hattusha, la future capitale des Hittites.

Ce royaume apparaît allié à une autre entité politique située plus au nord, le royaume de Zalpa. Ce premier royaume du Hatti tombe vers -1900 sous les coups du roi Anitta de Kussar, qui bat son roi Huzziya et détruit Hattusha.


La religion hattie

Tablette en bronze
Tablette en bronze de Hattuša, trouvée en 1986, avec un traité datant de 1235 avant notre ère entre le grand roi Tudhaliya IV et Kurunta, le roi de Tarhuntašša.

Les Hittites ont conservé des anciens rituels religieux hattis en retranscrivant cette langue en écriture cunéiforme, et en traduisant ces textes dans leur langue pour mieux les comprendre. Ces rituels, faisant référence à des mythes hattis (comme celui de la Lune tombée du Ciel), le vocabulaire religieux reste rebutant.

On connaît en revanche bien les noms des dieux hattis, repris par les Hittites. La Déesse-soleil d’Arinna, divinité du monde souterrain, correspond ainsi à la déesse hatti Wurushemu, son compagnon le dieu-soleil du Ciel est Eshtan. Le dieu de l’Orage, associé de manière générale à l’eau, élément fertilisateur se nomme Taru (peut-être un dérivé du hittite Tarhunta), et il a deux importants sanctuaires en pays Hatti, à Nerik et Zippalanda. Le dieu agraire hittite Télipinu, fils de Wurushemu et d’Eshtan, est sans doute d’origine hatti. Les autres dieux principaux hattis sont Wurunkatte, dieu de la guerre, Inara, le « Génie de Hattusha », Halmasuit, la « déesse-trône », et Kunzanisu, déesse lunaire.

 

 

La langue hatti

À l’arrivée des Hittites, vers -2000, elle s’est éteinte en tant que langue écrite au profit des langues anatoliennes parlées par les nouveaux arrivants. Elle fut néanmoins utilisée comme langue liturgique jusqu’à la chute de l’empire hittite vers -1200. Les Hittites écrivirent le hatti au moyen de l’écriture cunéiforme en faisant précéder les passages dans cette langue du mot hattili.