Gilgamesh

Son existence est attestée par différents documents archéologiques, dont la liste summérienne des rois, rédigée au début du 2ème millénaire avant J.-C. Gilgamesh aurait été le 5ème souverain de la 1ère dynastie. Il aurait vécu vers 2650 av. J.-C. – Il est devenu une figure légendaire, qui a donné lieu à différents poèmes rédigés à sa gloire. Jean Bottéro recense les principaux d’entre eux qui sont sans doute des sources de l’épopée. Citons simplement «Gilgamesh et Akka », « Gilgamesh et Humbaba » ou « Gilgamesh et le taureau céleste » ou encore « Gilgamesh, Enkidu et L’enfer ».

Dans l’épopée, Gilgamesh est présenté comme le fils d’un roi légendaire Lugalbanda et d’une déesse Ninsunna, qui a des pouvoirs magiques. Sa double ascendance humaine et divine est rappelée dès les premiers vers de l’épopée :

«À sa naissance, Gilgamesh était déjà un être extraordinaire : divin aux deux tiers et humain pour le reste. La grande déesse Aruru-la-sublime qui créa l’humanité avait dessiné son corps, modelé son visage »

Le caractère et les exploits de ce roi furent préservés sous forme d’histoires écrites en sumérien (Peuple installé dès le Ve millénaire avant J.-C. en Basse-Mésopotamie, à proximité du golfe Persique. Les premiers dans l’ histoire de l’ humanité, les Sumériens ont utilisé un système rigoureux de signes pour noter leur langue parlée.) sur des tablettes d’argile qui circulèrent pendant plusieurs siècles après sa mort.

Quelques 600 ans après le règne de Gilgamesh, ces histoires furent intégrées dans un poème épique, l’Épopée de Gilgamesh écrit en Akkadien (Akkad: pays de la partie centrale de la Mésopotamie. Vers 2500-2400 av.J.-C. ils dominent les Sumériens. Ils adoptent les cunéiformes pour transcrire leur langue parlée. La plus ancienne langue sémitique connue.)

La version la plus complète nous vient de douze tablettes de pierre, écrites en akkadien, trouvées dans les ruines de la bibliothèque d’Ashurbanipal, roi d’Assyrie de 669 à 633 av. J.-C. à Nineveh. La bibliothèque fut détruite par les Perses en 612 av. J.-C. et les tablettes furent endommagées. Fait extrêmement rare pour l’Antiquité, ces tablettes donnent le nom de l’auteur Shin-eqi-unninni.




Tablette I

Tablette I Tablette du XIIIe siècle av. J.-C. Le rêve de Gilgamesh. A été retrouvée en Turquie. La face antérieure relate deux des songes inquiétants qui annoncent à Gilgamesh les dangers que lui réserve la forêt des cèdres. Sur la face postérieure, on trouve l’épisode du combat contre le taureau céleste. Bristish Museum, Londres.

De celui qui vit tout Sha nagba imuru je parlerai au monde,

De celui qui sut tout je parlerai,

<ligne manquante>

Il vit le Grand Mystère, il apprit le grand Secret:

Il retrouva le savoir antédiluvien

Il voyagea au-delà du lointain, au-delà de ses forces

Et il grava son histoire dans la pierre. (naru : tablettes de pierre)

Ce grand héro qui savait tout (nemequ), Gilgamesh, construisit la grande cité d’Ourouk; la tablette nous invite à regarder et admirer la grandeur de la cité, ses hauts murs, son architecture et ici au pied des portes de la cité, comme pierre angulaire, un lapis-lazuli sur lequel sont gravés les exploits de Gilgamesh, l’histoire que je vous raconte.

 

 

Épopée de Gilgamesh
Épopée de Gilgamesh

L’histoire commence:

Gilgamesh, deux tiers dieu et un tiers homme, est le plus grand roi sur terre et le plus puissant surhomme qui ait jamais existé; toutefois, il est jeune et il oppresse durement son peuple. Le peuple appelle à l’aide le dieu du ciel Anu, dieu titulaire de la cité d’Ourouk. En réponse à leur appel, Anu crée un homme sauvage, Enkidou, dans la forêt sauvage entourant les terres de Gilgamesh.

Cette brute, Enkidou, a la force d’une douzaine d’animaux sauvages; il est le rival sous-humain au surhomme Gilgamesh. Un fils de trappeur qui vérifiait ses pièges dans la forêt, découvre Enkidou courant nu avec les animaux sauvages; il avertit son père.

Le père lui dit alors d’aller à la cité et de prendre une des courtisanes du temple, Shambat et de la conduire dans la forêt; quand elle verra Enkidou, elle s’offrira à lui. S’il succombe, dit le père, il perdra toute sa force et sa sauvagerie.

Shamhat rencontre Enkidou à la source où s’abreuvent tous les animaux; elle s’offre à lui et il succombe perdant ainsi sa force et sa sauvagerie mais gagnant le savoir et la compréhension. Il se lamente sur sa condition perdue mais la courtisane lui offre de l’amener à la cité d’Ourouk où tous les plaisirs de la civilisation brillent; elle lui offre de le présenter à Gilgamesh, le seule homme digne de son amitié.

Pendant ce temps, Gilgamesh a deux rêves: dans le premier, une météorite tombe sur la terre, elle est sit grande que Gilgamesh ne peut ni la lever ni la tourner. Le peuple entoure la météorite et festoie, et Gilgamesh l’embrasse comme une épouse mais sa mère, la déesse Rimat-Ninsun, le force à se battre contre la météorite. Dans le second, Gilgamesh rêve qu’une hache apparaît à sa porte, si grande que Gilgamesh ne peut ni la lever ni la bouger. Le peuple s’assemble et festoie autour de la hache et Gilgamesh l’embrasse comme une épouse mais sa mère, encore une fois, l’oblige à reprendre le combat.

Gilgamesh demande à sa mère la signification de ces rêves; elle lui répond qu’un homme d’une grande force viendra à la cité d’Ourouk et Gilgamesh l’embrassera comme une épouse et cet homme aidera Gilgamesh à accomplir de grands exploits.