Ankou

En Bretagne, « An Ankou » est un serviteur de la mort. Ce personnage peu rassurant, est, plus précisément, le serviteur de la Mort ou plus exactement son valet car il est souvent nommé « valet de la mort ». L’Ankoù existe au Pays de Galles sous le nom « d’Anghau » et « d’Ancow » en Cornouailles. Le personnage breton n’a conservé que sa fonction relative à la mort.

On le décrit tantôt comme un grand homme très maigre aux yeux vides, aux cheveux longs et blancs, coiffé d’un chapeau à larges bords; tantôt sous la forme d’un squelette dont la tête tourne comme une girouette pour balayer du regard la région alentour. Son rôle est de collecter dans sa charrette grinçante (reproduit en breton comme suit « wig ha wag! »), appelée en breton « karrik an Ankoù », les âmes des défunts récemment trépassés pour les emmener dans l’au-delà. Il remplit ainsi le rôle essentiel de « passeur d’âmes ». On raconte que lorsqu’un vivant entend les grincements de sa charrette, cela signifie que lui ou l’un de ses proches va bientôt mourir. De même, on dit que celui qui aperçoit l’Ankou meurt dans l’année.

L’Ankoù vit dans les monts d’Arrée, où il règne en maître. Les âmes des trépassés dépendent entièrement de lui et avant qu’il ne les guide, elles pouvaient errer dans les marais, les gorges isolées et dans les recoins obscurs.

Lorsqu’un mourant trépassait les yeux ouverts, c’est que l’Ankou n’avait pas fini sa besogne dans la maison et il fallait s’attendre à le voir revenir, dans un délai court pour un autre membre de la famille.

Carte postale. Collection particulière.

Avant la venue de ce morbide visiteur, il y a toujours des signes avant-coureur : des objets qui tombent, une pie sur le toit, une belette qui se faufile, le coq qui chante en pleine nuit, un cierge qui brûle mal ou s’éteint, qui sont autant d’avertissements d’un prochain passage.



Il est important d’ajouter une information essentielle : l’Ankou était le dernier mort de l’année, dans chaque paroisse. Il avait donc été humain et en outre, tout le monde savait qui il avait été autrefois. Cette âme devenait alors le passeur d’âmes pour l’année entière et cédait son rôle au dernier décédé de l’année durant laquelle il officiait.