Adonide – Adonis vernalis

famille : Ranunculaceae
L’adonide du printemps est une plante rare à l’aspect étrange : ses feuilles, de couleur sombre, sont alternes et découpées en fines lanières. D’avril à mai, elle épanouit ses grandes fleurs jaunes (4 à 8 cm de diamètre) portant entre dix et vingt pétales et présentant un très grand nombre d’étamines et d’ovaires. Il s’agit d’une plante vivace, mesurant entre 10 et 40 cm, que l’on peut reconnaître à son rhizome en plusieurs parties et à ses racines noires.

Adonide - Adonis vernalis
Adonide – Adonis vernalis

• plantes à fleurs dont les graines sont enfermées dans les fruits (angiospermes)
• plante terrestre
• plante à tige souple (herbacée)
• plante dressée
• fleur pédonculée, elle est implantée sur la tige ou directement sur la souche par l’intermédiaire d’un pédoncule (on a représenté les deux cas)
• les fleurs sont isolées
• fleurs à symétrie radiale (on dit aussi axiale). Attention, les pétales peuvent être soudés
• type général avec pétales et sépales colorés
• il n’y a qu’un seul type de pièce à l’apparence de pétales, ce sont des tépales
• pétales libres
• plus de 10 pétale(s)
• pas de calicule
• la fleur ne possède pas d’éperon
• jaune foncé
• hermaphrodite
• l’ovaire est situé au-dessus du plan floral et n’y est soudé que par sa base
• plus de 6 carpelles
• les loges ne sont pas soudées
• les étamines sont soudées sur le réceptacle
• les étamines sont complètement libres
• plus de 10 étamine(s)
• les étamines sont toutes égales entre elles
• autres positions. Les étamines peuvent être disposées en plusieurs verticilles ou n’avoir aucune position bien définie
• feuilles séquées (découpées ou très découpées, plus ou moins profondément mais jamais jusqu’à la nervure médiane). Découpe arrondie ou à angles aigus
• bord lobé ou découpé plus ou moins profondément.
• nervures palmées. Toutes les feuilles séquées sont rangées dans cette catégorie
• la feuille est munie d’une petite tige (pétiole) qui s’insère sur la tige (pétiolée)
• pas de stipules
• pas de vrilles
• toutes les feuilles sont à la base (en rosette)
• pas de poils
• tige cylindrique
• tige pleine
• pas de latex
• fruit multiple : dans chaque fleur, on trouve un fruit en plusieurs parties , indépendantes à maturité. L’ensemble des fruits peut être porté par un réceptacle.

C’est au XVIe siècle que cette plante a pris le nom « d’adonide », par allusion à une légende mythologique : une jeune fille nommée Myrrha, transformée en arbre (l’arbre à myrrhe) par les dieux, donna naissance à un fils : Adonis. Aphrodite trouva l’enfant si beau qu’elle le recueillit et le confia à Perséphone, déesse des enfers, afin qu’elle l’élevât. Mais une fois Adonis devenu adulte, Perséphone, conquise par sa beauté, refusa de le rendre. Une querelle s’ensuivit entre les deux déesses et les dieux durent intervenir pour trancher : il fut décidé que le jeune homme passerait une partie de l’année avec chacune. Mais un jour qu’Adonis était à la chasse, il fut mortellement blessé par un sanglier. Il mourut dans les bras d’Aphrodite, perdant son sang sur les fleurs alentour : c’est ainsi que les anémones et certaines adonides sont devenues rouges

Une légende espagnole donne une autre origine à la couleur rouge de certaines adonides : le Christ, se blessant les pieds aux cailloux du chemin, aurait laissé derrière lui des gouttes de sang qui se seraient transformées en fleurs : les adonides.

Les adonides sont connues pour être parmi les renonculacées les plus gracieuses. Elles poussent dans les lieux incultes, éboulis, pentes rocailleuses, mais aussi dans les pâturages. C’est une espèce très rare (protégée) en France où on ne la trouve que dans les Cévennes et les Pyrénées. Elle est l’objet d’une protection intégrale (interdiction de la cueillir) en Suisse et en Allemagne. Elle est plus fréquente en Europe centrale où elle est d’ailleurs un ancien remède des populations slaves. L’adonide illustrée ici (rouge) est l’adonis des moissons et l’adonis vernalis (jaune).

L’usage médicinal de cette plante est historiquement associé aux populations d’Europe de l’Est (essentiellement Russie méridionale) dans le traitement des affections du cœur. En effet toute la plante renferme des principes actifs proches de la digitaline, essentiellement l’adonidoside et l’adonivernoside. Ces substances provoquent, à faibles doses, un ralentissement du rythme cardiaque. Etant moins dangereuse que la digitale, l’adonide s’avère être un très bon remède aux faiblesses du cœur. Elle est également un puissant diurétique et agit comme sédatif et amaigrissant.
En dose excessive, elle est très toxique. L’empoisonnement se traduit par des vomissements, des diarrhées sanguinolentes, des convulsions, le ralentissement puis l’arrêt du cœur.
Toutes les parties de la plante sont utilisées en macérations, infusions et teintures. Néanmoins, c’est la macération de la plante fraîche dans de l’eau froide qui est la plus efficace. La plante séchée perd une grande partie de ces propriétés.
La fleur étant très belle, l’adonis est aussi utilisé comme fleur ornementale à partir de semis.