Acorus calamus L.

Botanique

Acorus calamus L.

famille : Araceae

Les feuilles en forme de baïonnette sont, chez l’acore, ridées sur toute leur moitié inférieure et les fleurs jaune verdâtre, apparaissant en juin-juillet, sont minuscules. Le rhizome est amylacé et aromatique. Dans nos pays, l’acore ne se multiplie que par division des touffes. Le fruit est une capsule triangulaire.

acore: acorus-calamus-l
acore: acorus-calamus-l

• plantes à fleurs dont les graines sont enfermées dans les fruits (angiospermes)
• plante aquatique d’eau douce
• plante à tige souple (herbacée)
• plante dressée
• fleur sans pédoncule, elle est directement portée par la tige ou implantée sur un réceptacle, elle est dite sessile (on a représenté les deux cas)
• les fleurs sont insérées directement sur un axe charnu et allongé (spadice)
• il n’y a pas de pétales mais seulement des sépales
• sépales ou tépales soudés
• 6 sépales
• pas de calicule
• la fleur ne possède pas d’éperon
• vert clair jaune clair
• hermaphrodite
• l’ovaire est situé au-dessus du plan floral et n’y est soudé que par sa base
• 3 carpelles
• les loges sont soudées par l’ovaire et le style
• les étamines sont soudées sur le réceptacle
• les étamines sont complètement libres
• 6 étamine(s)
• les étamines sont toutes égales entre elles
• autres positions. Les étamines peuvent être disposées en plusieurs verticilles ou n’avoir aucune position bien définie
• feuilles simples. Leur forme est simple mais peut varier énormément
• la feuille (ou chaque foliole) est linéaire, plus ou moins pointue ou en forme de faux
• feuilles ondulées autour du plan de la feuille
• nervures parallèles
• la feuille s’insère sur la tige au moyen d’une gaine (engainante)
• pas de stipules
• pas de vrilles
• toutes les feuilles sont à la base (en rosette)
• pas de poils
• tige cylindrique
• tige pleine
• tige verruqueuse (présence d’aspérités arrondies)
• pas de latex
• fruit simple : un fruit en une seule partie dans chaque fleur
• fruit sec s’ouvrant à maturité (déhiscent). Attention les façons de s’ouvrir varient

Généralités

Acore
Acore

Plante d’Orient, l’acore était cultivé dans le Nord-Ouest des Indes et en Chine, dix siècles avant d’arriver en Europe. Végétant dans les eaux peu profondes, sur des boues riches en éléments nutritifs, il est subspontané dans toute l’Europe, où il fut introduit par les Tartares au XIIIe siècle, se répandant alors partout, de telle sorte qu’on le rencontre à peu près dans tout l’Hémisphère Nord. Il ressemble à s’y méprendre au flambe d’eau (iris pseudoacorus).

« Akoros » nomme toute plante odorante en grec et « calamus », toute plante ressemblant à un roseau en latin.

Dans le livre de l’Exode, l’acore fait partie des plantes aromatiques que le Seigneur demande à Moïse de se procurer pour préparer l’huile d’onction, celle qui sera le Saint Chrême.

On disait que le droguiste qui n’ouvrirait pas sa porte de jour ou de nuit pour délivrer de l’acore serait mis à l’amende.

L’acore était associé au safran, au genièvre, à la myrrhe et à la cardamome pour former le « kyphi », parfum le plus courant de l’Égypte ancienne. Les archéologues affirment qu’à l’ouverture de la tombe de Toutankhamon, c’est cette odeur qui s’en échappa.




Il ne faut ni laver ni éplucher le rhizome, l’huile essentielle étant dans son écorce. On le récolte de mars à mai et de septembre à octobre. Le tissu intérieur doit être blanc rosé, spongieux. Sa saveur est d’abord chaude et piquante, puis âcre et amère.

Le rhizome d’acore est utilisé en médecine populaire; il est encore demandé en Europe centrale. Il était connu aux Indes comme astringent aromatique il y a quatorze siècles (là bas, les rhizomes ont une plus forte concentration en essences).

En Asie, c’est un produit d’hygiène très ancien; l’utilisant comme antiseptique, les Tartares ne buvaient jamais d’eau sans y avoir auparavant fait macérer une racine d’acore sèche. Dans la médecine chinoise traditionnelle, il traite surdité, vertiges, épilepsie. Il était mastiqué pour faire cesser un mal de dent ou rompre l’accoutumance au tabac. Hémostatique, il arrête les hémorragies passives. Il stimule la digestion, réduisant les flatuosités. Chez les Amérindiens, les vieillards mâchaient quotidiennement un morceau de racine de la longueur d’un doigt afin de rester jeunes et en bonne santé.

Il tonifie et désinfecte la peau, encourageant son irrigation : déjà les belles Romaines ajoutaient sa décoction à l’eau du bain.

En Lituanie et en Turquie, les racines, confites au sucre, étaient très appréciées. Il entre dans la composition de certaines liqueurs comme la thériaque, l’orviétan, l’eau de vie de Dantzig et, plus proches de nous, la Bénédictine et la Chartreuse.

L’acore a été employé comme antimite.

Ses tiges servaient de stylets pour écrire sur les tablettes de cire.

Le parfum du roseau odorant exerce un puissant attrait sexuel; c’était le parfum des péripatéticiennes romaines.