Sumer, contes et légendes

Sumer

Contes, légendes et mythes

Sumer est une région de la Mésopotamie antique (actuel Irak), située à son extrême sud, une vaste plaine comblée par le Tigre et l’Euphrate, bordant le golfe Persique. Le terme, Sumer, désigne également une civilisation, celles des Sumériens, le peuple qui occupe cette région à la fin du IVe millénaire av. J.‑C. et durant le IIIe millénaire av. J.‑C.

3300 avant JC, «L’Histoire commence à Sumer»  selon la formule célèbre de l’historien américain Samuel Noah Kramer.

Si l’histoire de Sumer vous intéresse, consultez:

Histoire de Sumer: abrégée

Wikipédia


Sumer

Enkidou et Gilgamesh

Gilgamesh et Enkidou
Gilgamesh et Enkidou

 

Enkidou est un colosse au front bas, rocheux. Sa poitrine et ses larges épaules sont couvertes d’une épaisse toison de poils frisés, sa chevelure et sa barbe sont pareilles à un buisson hirsute. Il va comme un grand singe puissant, féroce, mais debout, car il est un homme. Pourtant il ne connaît pas les humains, ses semblables. Il vit parmi les bêtes sauvages. Avec les gazelles il broute l’herbe. Il boit l’eau des rivières, couché sur la rive, sa tête penchée sur l’eau. Il sait courir aussi vite qu’un cerf.

Un jour, un chasseur le rencontre au bord d’une source, sous les grands arbres de la forêt. Enkidou grogne, le regarde et s’enfuit dans le sous-bois, parmi les rayons de soleil qui percent le feuillage. Le chasseur revient vers ses compagnons.

J’ai vu, leur dit-il, là-bas, dans la forêt, un homme semblable aux animaux. Il est grand et fort, sa barbe mange son visage et il va nu, comme les singes.

Les autres s’exclament:

C’est donc lui qui détruit nos pièges, déchire nos filets dans la rivière!

Ils vont ensemble se plaindre à Gilgamesh, le roi d’Ourouk. Gilgamesh va consulter sa mère, Arourou, la grande déesse. Il lui demande:

Qui est cet homme qui vit parmi les bêtes, hors de toute compagnie humaine?

Arourou la déesse sourit, sur la terrasse du temple d’Ourouk, et regarde au loin le ciel. Elle répond:

C’est ton frère. Il s’appelle Enkidou. Je l’ai pétri dans une boule d’argile. Il n’est encore qu’une créature nocturne, mais il sera bientôt aussi fort, aussi puissant que toi.

Gilgamesh se détourne, descend les escaliers et revient vers les chasseurs assemblés devant sa porte.

Amenez à cet homme sauvage, leur dit-il, la plus belle femme d’Ourouk. Je veux qu’elle lui enseigne l’amour. Je veux qu’elle le civilise.

Ainsi font les chasseurs. Avec la plus belle femme d’Ourouk ils vont à la rencontre d’Enkidou, dans la forêt de cèdres, au bord de la source. Enkidou boit, à longues goulées, l’eau ensoleillée. Quand il voit apparaître le reflet de la femme dans la source, il se dresse lentement et ses mains se tendent vers elle.

Sept jours et sept nuits ils s’aiment et se caressent au bord de l’eau. Alors le coeur et l’esprit d’Enkidou s’épanoissent et la lumière de l’intelligence germe dans sa tête. Le voici maintenant assis dans l’herbe aux pieds de la femme, et la femme lui dit:

Enkidou, tu ne vivras plus avec les bêtes sauvages, tu vas venir avec moi dans la grande cité d’Ourouk où demeure Gilgamesh, le roi parfait. Gilgamesh se croit le plus fort des hommes car il ne connaît pas ta puissance.

Elle déchire son vêtement en deux. D’une moitié elle habille Enkidou et de l’autre elle reste vêtue. Puis elle prend l’homme par la main et le conduit comme un enfant jusqu’à la hutte d’un berger. Devant Enkidou, sur la table elle pose du pain. Enkidou regarde ce pain et le flaire. Il n’a jamais vu pareille nourriture. Il a coutume, lui, de téter le lait des animaux.

Mange, lui dit la femme, c’est l’aliment des hommes véritables. Et bois de la bière, c’est la coutume des gens d’ici.

Enkidou mange et boit sept fois à la cruche. Alors il sourit, son oeil brille, ses traits s’éclairent. Quand il est rassasié, elle le lave, le frotte d’huile parfumée, peigne sa chevelure et taille sa barbe, elle lui donne des vêtements de cuir et lui dit:

Te voilà beau comme Gilgamesh.

Ils vont ensemble à la grande cité d’Ourouk.