Afrique, contes et légendes

Afrique, contes et légendes

Afrique contes et légendes
Afrique contes et légendes

Afrique, contes et légendes: dans cette section, vous trouverez les contes, légendes et mythes des pays d’Afrique.

Cette page est encore une ébauche, mais déjà vous pouvez trouver certains contes dont je ne connais pas l’origine exacte et d’autres dont l’origine géographique est connue.

Table des matières

Égypte

Ghana

 


Le Guéla d’en haut et le Guéla d’en bas

Il y avait avant que toutes les choses soient, sur la Terre et dans le ciel, deux créatures très puissantes: le Guéla d’en haut et le Guéla d’en bas. Un jour, un jour de silence, un jour de longue paix dans l’univers, le Guéla d’en bas s’ennuya, et se mit à bâiller. Alors une motte d’argile sortit de sa bouche. Voyant cela le Guéla d’en bas dit:

Oh, je vais faire des hommes, des femmes, des poissons, des animaux et des plantes avec cette argile.

Et il fit des hommes, des femmes, des poissons, des animaux et des plantes. Puis il dit:

Maintenant je vais mettre du sang dans le corps de ces hommes, de ces femmes, de ces poissons, de ces animaux et de ces plantes que j’ai pétris d’argile.

Le Guéla d’en bas versa du sang dans le corps des hommes, des femmes, des poissons, des animaux mais la vie ne vint pas en eux, ils restèrent froids comme des statues. Le Guéla d’en bas fit la gueule. Il rentra dans sa grotte et laissa les hommes, les femmes, les poissons, les animaux et les plantes d’argile dehors. Ce jour-là, un orage déchire le ciel, la pluie tomba et un grand nombre de créatures d’argile furent réduites en tas de boue informes. Alors le Guéla d’en bas, considérant ce désastre, fut prit de remords. Il ramassa quelques hommes, femmes, poissons, animaux et plantes que la pluie n’avait pas réduits en bouillie et il les mit à l’abri dans une grotte.

Je vous parle d’un temps très lointain. En ce temps-là, la nuit opaque régnait sur la Terre, et le Guéla d’en bas devait à toute heure faire du feu pour s’éclairer. La nuit habitait sur Terre mais le jour habitait au ciel. Le temps était immobile. Or, voici que le Guéla d’en haut se penchant au bord du ciel vit que le Guéla d’en bas avait de beaux jouets d’argile.

Il lui dit:

Hé, Guéla d’en bas, donne-moi quelques-uns de tes hommes, de tes femmes, de tes poissons, de tes animaux, de tes plantes d’argile. J’allumerai la vie en eux, et à toi, je te donnerai la lumière de mon soleil.

Le Guéla d’en bas répondit:

D’accord, mais donne la vie d’abord.

Le Guéla d’en haut souffla la vie dans le corps des hommes, des femmes, des poissons, des animaux, des plantes et il fit descendre sur Terre la lumière du soleil.

Aussitôt les hommes, les femmes se levèrent et se mirent à marcher, les poissons se levère et se mirent à nager, les animaux se levèrent et se mirent à bondir, les plantes se levèrent et se mirent à pousser. Et le Guéla d’en haut dit:

Maintenant, Guéla d’en bas, tiens ta promesse. J’ai donné la vie à tes créatures d’argile, je t’ai donné la lumière du soleil. En échange donne-moi quelques-uns de tes hommes, de tes femmes, de tes poissons, de tes animaux, de tes plantes.

Mais le Guéla d’en bas ne voulut rien entendre, il refusa de tenir sa promesse et les deux Guéla se disputèrent.

Ils se disputeront jusqu’à la fin des temps, je vous le dis, et c’est un grand malheur. Car depuis le premier jour de leur dispute, le Guéla d’en haut cherche à reprendre la vie qu’il a soufflée dans les corps terrestres. Et chaque fois que le Guéla d’en haut parvient à reprendre la vie dans le corps des hommes, des femmes, des poissons, des animaux, des plantes, un homme, une femme, un poisson, un animal ou une plante meurt.

Et chaque fois que le Guéla d’en bas insulte le Guéla d’en haut, les hommes, les femmes, les poissons, les animaux, les plantes sont malades, la tempête souffle, la guerre ravage le pays. Et sachez encore que la lune est l’oeil du Guéla d’en haut. De cet oeil ouvert, le Guéla d’en haut surveille le Guéla d’en bas, son ennemi, même la nuit, qu’en le Guéla d’en haut reprend au Guéla d’en bas le soleil qu’il lui a donné avec l’âme des hommes, des femmes, des poissons, des animaux, des plantes, au temps où les hommes, les femmes, les poissons, les animaux, les plantes n’étaient que des statues d’argile.

Ainsi va la vie.



Comment Lune fit le monde.

En ce temps-là, sur terre, il n’y avait pas de forêts ni de savanes, il n’y avait pas d’animaux, ni d’hommes, ni de femmes. En ce temps-là, la terre était un vaste désert de boue lisse. Sur ce désert aucun pied n’avait jamais gravé son empreinte, Dieu seul vivait dans le ciel noir, et il s’ennuyait beaucoup. C’est pourquoi l’envie lui vint de troubler un iinstant l’infini. Il se pencha vers la terre, prit dans sa main une boule de boue et fit un homme, qu’il appela Lune.

Lune construisit une hutte. Dans cette hutte il s’assit, le menton sur ses genoux et attendit: que pouvait-il faire d’autre? Il était seul vivant en ce monde. Il espéra, triste et solitaire, le front ridé, les yeux mouillés de larmes. Alors Dieu, le voyant malheureux, pétrit dans le ciel une femme. Puis il dit à Lune:

Ne pleure plus, j’ai fait une épouse pour toi. Elle s’appelle Étoile-du-matin. Je te la donne pour deux ans. Dans deux ans elle reviendra vivre dans le ciel près de moi.

Étoile-du-matiin descendit du ciel, avec un précieux cadeau: elle portait, dans ses mains jointes, le feu.

Ce feu, tout crépitant, elle déposa au milieu de la hutte de Lune, et se coucha. Lune la regarda, et pour la première fois, il sourit. Le feu répandait dans la hutte une bonne chaleur, et sur le corps d’Étoile-du-matin une lumière douce. Lune se coucha près d’elle et la caressa tendrement. Ils firent l’amour ensemble. Le lendemain, le ventre d’Étoile-du-matin était rebondi, remuant de vie impatiente. Elle sortit devant la hutte, s’agenouilla sur la terre boueuse, et cette merveille survint: elle mit au monde les arbres, les plantes, les savanes. Et les arbres, les plantes, les savanes se répandirent sur la terre, et la terre entière fut verte, hospitalière et belle. Les arbres se mirent à pousser jusqu’à atteindre le ciel. Le soleil se leva sur ce monde neuf. Lune et son épouse Étoile-du-matin connurent le bonheur et l’abondance.

Deux ans passèrent ainsi. Alors Dieu rappela Étoile-du-matin dans le ciel, et Lune fut à nouveau très malheureux. Il pleura pendant huit jours. Le neuvième jour, Dieu eut pitié de lui:

Ne te désole pas ainsi, tu m’attristes. Je te donne une seconde épouse. Elle s’appelle Étoile-du-soir. Elle vivra deux ans avec toi. Mais dans deux ans, homme, tu devras mourir.

Étoile-du-soir descendit du ciel et se coucha dans la hutte, près du feu. Lune dormit avec elle, et le lendemain, le ventre d’Étoile-du-soir était tout rebondi. Alors elle sortit devant la hutte, s’agenouilla dans l’herbe et mit au monde les antilopes et les oiseaux, des garçons et des filles. Lune fut très content, si content que le soir venu, devant le feu, il voulut encore dormir avec Étoile-du-soir. Mais Dieu lui dit:

Ce soir, tu coucheras de l’autre côté du feu.

Lune en ronchonnant fit semblant d’obéir, mais dès que Dieu eut le dos tourné, tout doucement, il vint se coucher près d’Étoile-du-soir et fit encore l’amour avec elle. Le lendemain, Étoile-du-soir mit au monde les tigres, les léopards, les serpents, les scorpions, toutes les bêtes malfaisantes qui rampent et qui tuent sur la terre. Dieu, penché au bord du ciel, se désola. Il dit à Lune:

Je t’avais prévenu. Tu ne m’as pas écouté, tant pis pour toi.

Mais Lune, insouciant, haussa les épaules. La terre était vaste, sa femme était belle, ses enfants innombrables, qu’importaient les tigres et les scorpions.

Or, du haut du ciel, Étoile-du-matin, sa première épouse, voyant accoucher pour la deuxième fois sa rivale, Étoile-du-soir, lança un mauvais regard au père Lune. Étoile-du-matin, en vérité, était très jalouse d’Étoile-du-soir, que Lune semblait aimer plus fort qu’il ne l’avait aimée aux premiers temps du monde. Elle se fit malfaisante: elle interdit à la pluie de tomber sur la terre. Aussitôt voici les fleuves secs, les sources taries, les herbes brusquement jaunies, les feuilles racornies craquant sous les pas, et les innombrables enfants de Lune criant famine.

Votre père est seul coupable de vos malheurs, car il m’a oubliée , leur dit Étoile-du-matin, assise sur un petit nuage blanc dans le ciel trop bleu.

Alors les fils de Lune se révoltèrent. Pour que revienne la pluie, l’aîné empoigna son père, l’étrangla et le jeta dans l’océan.

Mais le soir venu, Lune sortit des vagues et s’éleva dans le ciel. Il chercha partout Étoile-du-matin pour se venger d’elle, et ne la trouva pas. Il la cherche encore maintenant, toutes les nuits. Sa face ronde et jaune traverse le ciel, poursuivant Étoile-du-mation qui lui donna tant de bonheur au premier soir, dans sa hutte devant le feu. C’est ainsi que se fit le monde. Si vous ne me croyez pas, comment faites-vous pour vivre?


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