Les origines du pâté chinois

La petite vie - Pâté chinois
La petite vie – Pâté chinois

Vous souvenez-vous de la scène du pâté chinois dans la série télévisée La petite vie? Mets par excellence de Moman (Serge Thériault), cette dernière répétait sans cesse à sa fille Thérèse (Diane Lavallée), incapable de maîtriser la recette, les mots steak, blé d’Inde, patates. Malgré tout, Thérèse réussissait toujours à créer une version rigolote du pâté chinois.

Saviez-vous qu’en 2007, le journal Le Devoir a élu le pâté chinois comme plat national du Québec à la suite d’un vote des lecteurs et d’une consultation auprès de personnages politiques et d’experts gastronomiques? Surprenant, n’est-ce pas? Sa simplicité à cuisiner et le sentiment de réconfort qu’il apporte lui ont permis de se faire une place dans le patrimoine alimentaire québécois.

Jean-Pierre Lemasson
Jean-Pierre Lemasson

 

À la recherche des origines du pâté chinois

Plusieurs personnes se sont penchées sur l’histoire du pâté chinois. Après que le journal Le Devoir ait élevé le pâté chinois au rang de plat national du Québec sans que personne n’en connaisse réellement ses origines, Jean-Pierre Lemasson (sociologue au département d’études urbaines et touristiques à l’UQÀM) s’est penché sur le sujet. En 2009, il publia le livre Le Mystère insondable du pâté chinois. Ses recherches lui ont permises de retracer le pâté chinois jusqu’en 1941 (livre de cuisine), tout en sachant pourtant que l’on en mangeait en 1930. Malgré ses recherches, les origines du pâté chinois restent mystérieuses.

 

Pâté chinois
Pâté chinois

Étymologie et origines probables…

L’article paru en 1998 dans la revue Québec Français, intitulé Le pâté chinois : Le caviar des jours ordinaires, confirme l’existence du pâté chinois au Québec dans les années 1930 en citant un témoignage d’un journaliste de l’époque, travaillant pour le journal La Presse, qui le présentait aussi comme un mets typique des États-Unis. Après de nombreuses consultations de lexiques anciens, du Trésor la langue française au Québec, de L’Encyclopédie de la cuisine canadienne de Jehane Benoit (parue pour la première fois en 1963), aucune trace du pâté chinois antérieure à 1930 ne fut trouvée. C’est lors d’échanges avec ses étudiants que l’auteur de l’article trouva un lien avec l’immigration de Québécois en Nouvelle-Angleterre, vers les années 1850 jusqu’au début du XXe siècle, plus particulièrement dans la région du Maine où l’on trouve une localité appelée China, d’où l’expression china pie serait originaire et aurait, par la suite, été traduite par pâté chinois.

Par contre, selon le Réseau de diffusion des archives du Québec, l’hypothèse la plus plausible de la provenance du pâté chinois serait en lien avec la construction des chemins de fer dans l’Ouest canadien à la fin du XIXe siècle : De 1880 à 1884, lors de la construction du dernier tronçon du Canadien Pacifique en Colombie-Britannique, environ 17 000 travailleurs chinois ont immigré au Canada. Pour justifier cette main d’œuvre résistante et bon marché, les entrepreneurs s’appuieront sur leur endurance légendaire qui présida à l’érection de la Grande Muraille de Chine. Mais quel est lien avec le pâté chinois? On indique qu’il constituait l’alimentation régulière des chinois puisque les pommes de terre et le maïs étaient abondants.

Jean-Marie Francoeur
Jean-Marie Francoeur

Ces dernières hypothèses sont rejetées par Jean-Pierre Lemasson, auteur du livre Le Mystère insondable du pâté chinois. Il soutient que les chinois se nourrissaient simplement de riz et de soja. L’auteur de la Genèse de la cuisine québécoiseJean-Marie Francoeur, soutient quant à lui que : le pâté chinois a pour origine le pâté d’échine de porc avec blé d’Inde et navet. Ce mets serait apparu dès le début de la colonie avec Cavelier de La Salle (1643-1687 – il explora notamment le Mississippi); le blé d’Inde et l’échine de porc étaient courants. Le nom passa d’échine à Chine, puis à pâté chinois et la composition se modernisa avec l’apparition de la pomme de terre et des autres types de viande.

Finalement, bien qu’il partage des ressemblances avec le hachis parmentier français et les plats d’origine britannique comme le shepherd’s pie ou le cottage pie, l’histoire du pâté chinois est à suivre…

 

Variantes du pâté chinois

Le pâté chinois fait l’objet de nombreuses variantes : les végétariens remplacent la viande par des légumineuses ou d’autres y ajoutent une touche de noblesse en remplaçant le bœuf haché par des viandes plus recherchées comme la pintade, le canard, ou le cerf. On peut dire que le pâté chinois évolue avec les modes gastronomiques!

Pour des recettes de pâté chinois vous pouvez consulter les sites suivants :

Bon appétit!



Sylvie

J'ai travaillé plusieurs années comme analyste d'affaires et architecte de systèmes dans le domaine des technologies de l'information. J'ai toujours été attirée par les belles choses anciennes qui rappellent la douceur et le calme du temps passé où l'on prenait le temps de vivre et de s'émerveiller...