La pile de Bagdad

La pile électrique du Musée de Bagdad

En 1936, dans les ruines d’un village datant du début de notre ère, non loin de Bagdad en Irak, des archéologues découvrirent un objet qui les laissa perplexes. En 1938, un archéologue autrichien, le Dr Wilhelm König, se pencha sur cet « objet de culte » reposant au fond des caves du musée de Bagdad.

Il s’agit d’un petit vase en terre cuite de 15 centimètres de hauteur sur environ 7,5 centimètres de diamètre. Emergeant du bouchon bitumineux, une tige en fer est insérée à l’intérieur d’un cylindre en cuivre et isolée de celui-ci à sa base par un tampon en bitume, le cylindre de cuivre étant soudé avec son capuchon par un alliage plomb/étain.

Lors de l’attaque de l’Iraq par l’armée américaine en Avril 2003, le Musée archéologique de la ville de Bagdad a été bombardé, puis pillé. Dans ce Musée se trouvait cet objet étrange, la pile électrique de Bagdad. Cet objet fait partie des « objets impossibles » que l’on trouve à travers le monde et qui remettent en cause nos conceptions traditionnelles de l’évolution des civilisations.

La pile de Bagdad

La pile de Bagdad
La pile de Bagdad

 

1 : Fil de masse (pôle positif).
2 : Fermeture par bouchon en asphalte.
3 : Barreau de fer (pôle négatif).
4 : Électrolyte (citron ou vinaigre).
5 : Cylindre en cuivre.
6 : Bouchon isolant en asphalte.
7 : Pot en terre cuite.
8 : Capuchon en cuivre

La pile de Bagdad est réalisée dans un petit pot en terre cuite d’un diamètre d’environ 8 centimètres et d’une hauteur de 15 centimètres. Elle est constituée d’un petit barreau de fer d’environ 9 centimètres de long placé dans un cylindre en cuivre et isolé de celui-ci par un bouchon d’asphalte. L’ensemble est rempli d’électrolyte et fermé hermétiquement par un autre bouchon d’asphalte.

Cet artefact de la dimension d’une lampe de poche courante ne semblerait pas pouvoir être autre chose qu’une pile électrique. Ne manque que le fil conducteur allant du cylindre de cuivre à l’extérieur, et qui s’est peut-être désagrégé au cours du temps.

L’objet semble parfaitement authentique, en dépit de la déroutante singularité que constitue une batterie fer-cuivre du début notre ère. La pile aurait été mise à l’essai par l’Américain Wilard F.M. Gray, du Général Labotory, qui recherchait le type d’électrolyte choisi pour son fonctionnement. Il en expérimenta plusieurs, jusqu’à ce qu’il réussisse à obtenir une différence de potentiel avec du sulfate de cuivre. Mais il estima que l’acide acétique ou l’acide citrique, dont on disposait aisément à cette époque, aurait aussi bien pu constituer un électrolyte.

La pile de Bagdad prouve que les anciennes civilisations connaissaient l’électricité. Elle était en effet utilisée plus de 2000 ans avant la pile de Volta (pile Argent-Zinc, inventée en 1800 par le comte Alessandro Volta) !

Pile de Bagdad
Pile de Bagdad

Plusieurs de ces piles ont été trouvées aux environs de Bagdad, dans les ruines de Khujut Rabu, une ancienne ville Parthe. Les Parthes ont dominé cette région à partir de 250 avant J.C. et jusqu’en 250 après J.C.

Dix autres piles furent découvertes plus tard à Ctesiphon, une cité antique à 32 kilomètres au Sud-Est de Bagdad qui, en 129 avant J.C., était la résidence d’hiver des rois Parthes.

En 1940, en pleine guerre mondiale, l’archéologue Wilhelm König publia un article sur sa découverte mais celui-ci passa relativement inaperçu compte tenu des événements. La guerre finie, un chercheur américain, Willard F.M.Gray, travaillant au Laboratoire Haute Tension de General Electric à Pittsfield, (Massachussets), reconstruisit plusieurs piles sur le modèle du Musée de Bagdad.

A quoi ces piles pouvaient-elles servir ?

Dans la pile de Bagdad on a constaté que le cylindre de cuivre porte une « patine bleue » ce qui est très caractéristique dans le cas d’une utilisation pour la galvanoplastie à l’argent.

Dans le « Grand Dictionnaire Universel du l9ème Siècle, l’archéologue français Auguste Mariette a déclaré qu’alors qu’il effectuait des fouilles dans la zone de la Grande Pyramide, il découvrit, à une profondeur d’environ 20 mètres, des bijoux en or d’une finesse et d’une légèreté telles « qu’on pouvait penser qu’ils avaient été réalisés par galvanoplastie ».

Un chercheur allemand, le Dr Arne Eggebrecht, utilisa une reproduction de cette pile de Bagdad pour faire de la galvanoplastie sur des objets. Il suffit d’une très faible quantité d’électricité pour transférer une fine couche de métal (tel que l’or) sur la surface d’un autre métal (tel que l’argent). Eggebrecht suggère que de nombreux objets anciens se trouvant actuellement dans les musées et que l’on croit être en or sont en réalité des objets en argent plaqués or. Cette méthode est encore utilisée aujourd’hui en Irak pour fabriquer des bijoux.

Le métallurgiste Paul Craddock remarque que les piles sont une exception et qu’à ce jour, personne n’en a trouvé de semblables : « Ce sont des objets insolites, l’une des énigmes de la vie ». D’autres hypothèses ont été émises sur l’emploi de ces piles, comme produire un courant électrique à des fins d’acupuncture ou impressionner les adorateurs d’idoles.

Quand ces piles ont elles été inventées ?

Les ruines de Khujut Rabu où ces piles ont été trouvées, correspondent à l’époque de la domination perse dans la région de Bagdad, soit environ 250 avant J.C. On pourrait donc en déduire que ces piles ont au moins 2250 ans.

 

 


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