La forêt tropicale, poumon de la terre , un mythe?

 

La forêt tropicale, poumon de la terre
La forêt tropicale, poumon de la terre

La forêt tropicale, poumon de la terre , un mythe

C’est en 1968 que fut proposée la fonction de « poumons » de la planète aux forêts tropicales. À l’époque, la science n’était pas outillée pour répondre au fantasme. L’image s’est donc imposée dans le discours.

Claude Villeneuve

Je n’ai pas l’intention de démolir les écolos mais je suis fatigué d’entendre un seul côté. J’ai toujours appris qu’il fallait douter de tout et de chercher à confirmer les théories, les opinions et les « faits » qu’on nous présente comme des « vérités absolues ».

« L’Amazonie est vitale pour la survie de la planète. C’est le poumon vert : elle fournit une partie de l’oxygène que nous respirons. »

Malheureusement, la chose ne résiste pas à l’analyse. S’il est vrai que l’oxygène que nous respirons vient du déchet de la photosynthèse, que les arbres pratiquent la photosynthèse et que les forêts tropicales sont actives 12 heures par jour à l’année longue, là s’arrêtent les fondements scientifiques du mythe.

Claude Villeneuve

Oui, la forêt, en général est un puits de carbone important, mais beaucoup moins important que le phytoplancton des  océans. Mais il est faux de prétendre qu’elle nous fournit « une partie de l’oxygène que nous respirons . »

Les océans sont les principaux puits naturels de carbone, assimilé via le plancton, les coraux et les poissons, puis transformé en roche sédimentaire ou biogénique. Ils absorberaient environ 50 % du carbone émis dans l’air (sous forme de carbone dissous ou minéral).

Wikipedia

Les végétaux chlorophylliens fabriquent la matière organique nécessaire à leur croissance à partir de matière minérale (CO2, H2O, NO3-..) qu’ils transforment à l’aide de la photosynthèse, c.-à-d. convertissant l’énergie lumineuse en énergie biochimique..La photosynthèse évoque une respiration des végétaux inversée par rapport à la notre, puisque ceux-ci absorbent du dioxyde de carbone (CO2)  et rejettent du dioxygène (O2), l’élément  précisément indispensable à nos cellules que nous absorbons lorsque nous-mêmes respirons. Si les végétaux absorbent du CO2 et restituent de l’oxygène en se développant , il dégagent ce même CO2 en mourant et en se décomposant, consommant la même quantité d’oxygène qu’ils ont émis lors de leur phase de développement. Dans une forêt stable, où les arbres qui poussent remplacent les arbres qui meurent, le bilan CO2/O2 est tout simplement nul.

Donc, contrairement à une idée reçue, les arbres et végétaux de la terre ferme ne sont pas les principaux producteurs d’oxygène. Bref, le titre de « poumon de la terre » ne revient pas aux forêts.

 


Claude Villeneuve
Biologiste, professeur, Directeur Claude Villeneuve partage depuis 36 ans sa carrière entre l’enseignement supérieur, la consultation, la recherche et les travaux de terrain en sciences de l’environnement.