Le Kangyour écrit avec 9 pierres précieuses

Le Kangyour 1e page
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Le Kangyour
Le Kangyour

Le Kangyour est la première partie des textes canoniques tibétains qui relatent les paroles du Bouddha Siddhartha Gautama regroupant environ 1082 volumes des Sutras et des Tantras. Les Tibétains pratiquaient une forme de chamanisme appelée Bon. Du 6ème au 8ème siècle A.D., le bouddhisme a lentement pénétré cette région montagneuse. Les enseignements du Bouddha ont été traduits en tibétain, mais sa compilation finale n’a été réalisée qu’au XIVe siècle.

Cela a abouti à la création du Canon bouddhiste tibétain, qui consiste en Kangyour, les «mots traduits (du Bouddha)». Comme des copies ont été faites de l’original Kangyour, ce texte a été disséminé dans tout le Tibet.

Une de ces copies est le Kangyour écrit avec 9 pierres précieuses, qui est la seule copie dans le monde. L’encre utilisée dans l’écriture de ce Kangyour est littéralement faite de pierres précieuses.

9 types de «pierres précieuses», à savoir l’or, l’argent, le corail, la perle, la nacre, la turquoise, le lapis lazuli, le cuivre et l’acier, ont d’abord été transformés en poudre et placés dans des coupelles désignées pour chaque «pierre».

Un peu d’eau fraîche d’un ruisseau de montagne ou d’eau de pluie aurait alors été mélangée avec des adhésifs doux spéciaux, du lait de chèvre, et ajoutée aux coupelles pour produire l’encre.

Puis, à l’aide d’un pinceau fait de fourrure de zibeline, on aurait utilisé ces encres pour écrire sur papier noir traité. En plus du texte, des peintures ont également été ajoutées au Kangyour.

Ces images ont été peintes selon la tradition artistique de Zanabazar, dont ont dit donner immédiatement la paix d’esprit et l’admiration à quiconque le regarde.

Cette technique d’utiliser des minéraux se retrouve aussi dans la composition de certains pigments et encres utilisés dans les enluminures des manuscrits occidentaux:

…les pigments minéraux comme l’azurite (carbonate de Cuivre donnant la couleur bleue), le vermillon (bien connu pour son rouge caractéristique !), le minium (oxyde de plomb donnant une couleur rouge-orangé), les différents pigments à base de cuivre donnant le vert, et les encres, composées en grande partie de sulfates métalliques (notamment du fer), …



Dans les manuscrits du Moyen Âge, on utilisait aussi:

rouges
cochenille (insecte broyé qui de nos jours sert surtout à colorer la charcuterie..)
pourpre (extrait du coquillage de méditerranée : murex – la pourpre vaut très cher, et à Rome était réservée aux empereurs)
garance ( plante méditerranéenne utilisée jusqu’au XIXème siècle pour teindre les pantalons des soldats de l’armée française) – la garance servait surtout en teinture, mais aussi comme pigment pour la peinture depuis la fin du moyen-âge
le cinabre ou vermillon : est un sulfure de mercure – on en trouve du naturel, mais depuis le milieu du moyen-âge on savait le synthétiser en chauffant du soufre dans du mercure.

jaunes
orpiment (roche contenant de l’arsenic, très toxique, peut donner l’illusion de l’or )
ocres (terres naturelles ou brûlées, allant du jaune brun à l’orange)
fiel de carpe (bile)
safran (pollen d’une variété de crocus)
sève de chélidoine (voir photo)

bleus
lapis-lazuli ( roche bleu foncé, extrêmement chère )
azurite (roche bleue plus claire ou parfois foncée, suivant sa provenance)

verts
malachite ( roche naturellement vert foncé )
vert de gris ( acétate ou autre sel de cuivre )

blancs
céruse ( pigment blanc très toxique, contenant des sels de plomb).

Les pierres se broient pour être réduites en poudre. Si elles ont été choisies sans impureté, il est tout à fait possible de les utiliser tout de suite. Sinon il convient de les laver. Le broyage s’effectue dans un mortier et doit être différent d’une pierre à l’autre. Certains minéraux trop broyés perdent leur belle couleur, le lapis par exemple.

 

 

 

 

 

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