Expressions idiomatiques françaises

Expressions idiomatiques françaises

Vous trouverez dans cet article quelques expressions idiomatiques qui sont encore utilisées de nos jours dans certains coins du pays et ailleurs dans la francophonie.

Ce sont des expressions dont le sens est différent de la signification. Par exemple, lorsque l’on dit de quelqu’un qu’il nous casse les pieds, cela signifie qu’il nous ennuie, qu’il nous importune, et non qu’il nous brise les pieds avec un marteau !

 

Jeter l'argent par les fenêtres
Jeter l’argent par les fenêtres

 

se faire tirer les oreilles : (on entend aussi : se faire tirer l’oreille) se faire prier, ne pas céder aisément

Connaître la musique : savoir de quoi il retourne, savoir comment s’y prendre

ne pas en mener large : être dans une situation critique, très mal à l’aise, plein d’inquiétude, de peur…

s’entendre comme larrons en foire : s’entendre à merveille, comme des voleurs qui vont monter un coup.

compter pour du beurre : ne pas compter. Le premier jeu compte pour du beurre, le temps d’apprendre les règles. Après on y va pour de bon!

filer un mauvais coton : être dans une situation dangereuse que ce soit au niveau de la santé ou de la conduite. Depuis qu’il a perdu son travail il file un bien mauvais coton: alcool, mauvaises fréquentations, ça ne m’étonnerait pas qu’il finisse en prison.

Casser les pieds
Casser les pieds

mener une vie de bâton de chaise : mener une vie agitée, déréglée

bien mener sa barque : bien conduire son entreprise

jouer le grand jeu : employer tous ses talents de comédien pour convaincre, séduire , toutes ses ressources pour arriver à ses fins. Elle lui a joué le grand jeu pour le séduire.

À Pâques ou à la Trinité : c’est-à-dire jamais. Cette expression renvoie à une chanson où Malbrough s’en va-t-en guerre mais ne sait quand reviendra. / Il reviendra à Pâques / Ou à la Trinité. / La Trinité se passe / Malbrough ne revient pas On dit aussi « à la saint-glinglin » ou encore « quand les poules auront des dents »

fermer les yeux sur quelque chose : faire comme si on ne l’avait pas vu, feindre de l’oublier.

faire des châteaux en Espagne : échafauder, faire des projets chimériques, utopiques

mettre quelqu’un en boîte : se moquer de quelqu’un, faire marcher quelqu’un.

Remonter les bretelles à quelqu’un : le sermonner, le réprimander.

Éclairer la lanterne
Éclairer la lanterne

C’est un bail ou ça fait un bail : bien longtemps! Vingt ans qu’ils sont mariés! C’est un bail! ou Ça fait un bail qu’on ne s’est plus vus!

Noël au balcon, Pâques au tison : Quand le temps est doux à Noël, il fait froid à Pâques. Un bon équivalent pour le néerlandais: « Groene Kerstmis, witte Pasen ». Nous préférons de loin un Noël où il gèle à pierre fendre et 20 degrés à Pâques …

Ça ne casse pas trois pattes à un canard : amis des bêtes, rassurez-vous : premièrement, un canard, ça n’a que deux pattes, et, deuxièmement, cette expression familière signifie seulement « ce n’est pas fameux, ça n’a rien d’extraordinaire ». On peut dire aussi « Ça ne casse pas des briques ». De là à conclure que les francophones ne demandent pas mieux que de casser des choses, il y a un pas que nous vous déconseillons vivement de franchir.
Permettez-nous cette dernière mise en garde : l’expression est familière. Si donc votre chef vous demande ce que vous pensez du rapport qu’il doit présenter au comité d’entreprise, lui répondre « ça ne casse pas trois pattes à un canard » ne nous semble pas le moyen le plus sûr d’obtenir enfin cet avancement longuement convoité.

Donner sa langue au chat
Donner sa langue au chat

Entre chien et loup : au crépuscule, quand la nuit commence à tomber et que l’on ne saurait distinguer un chien d’un loup. L’expression remonte  … à la nuit des temps puisqu’on trouve déjà des attestations au 13e siècle.

Avoir la fringale : faim subite dont on est saisi hors de l’heure des repas. Le moment de prendre un en-cas …

Ce sera à la Saint-Glinglin : autant dire « jamais », puisqu’il s’agit d’un saint fictif. On dit aussi « quand les poules auront des dents », ce qui n’est pas près d’arriver non plus. Encore que, avec les progrès de la manipulation génétique, on ne sait jamais…

Il est porté sur la bagatelle : expression familière (mais gentille) pour dire qu’un homme aime le sexe. Seulement un homme? C’est trop injuste!

Sabler le champagne : boire du champagne pour fêter un événement heureux.. L’expression est employée depuis le 18e siècle, entre autres par Voltaire et signifiait alors « avaler d’un seul trait »

C’est la croix et la bannière : expression familière qui veut dire : c’est difficile, c’est toute une affaire (pour arriver à quelque chose). Nous espérons que si vous consultez régulièrement cette rubrique, vous ne finirez pas par soupirer : « Retenir toutes ces expressions, c’est vraiment la croix et la bannière ». Courage donc!

Monter sur ses grands chevaux :  se fâcher, s’emporter, le prendre de haut. Ce que faisaient nos ancêtres lorsqu’ils donnaient le signal pour la bataille.

Ne pas payer de mine : avoir un extérieur, un air qui n’inspire pas confiance, attire un jugement défavorable. Un petit resto qui ne paie pas de mine, mais où on mange très bien.

Il m’a fait faux bond : se dérober au dernier moment, ne pas arriver à un rendez-vous. L’expression date du 16e siècle et était employée dans le jeu de Paume, le précurseur du tennis.

Se renvoyer la balle : répliquer avec vivacité, discuter avec animation, mais aussi se décharger sur quelqu’un d’une obligation ennuyeuse.

C’est une réponse de Normand ou réponse normande : une réponse exprimée en termes ambigus, les Normands ayant la réputation d’être rusés et sournois …

Et patati, et patata : double onomatopée pour évoquer que la suite ne vaut vraiment pas la peine d’être énuméré.

Tomber des nues : être extrêmement surpris, par un événement inopiné, qu’on n’attendait pas du tout.

Ça vous (lui) en bouche un coin : cela étonne tellement qu’on en reste silencieux.

En pincer pour quelqu’un : être amoureux de quelqu’un. Tu as vu comment elle le regarde? Je crois bien qu’elle en pince pour lui.

Filer à l’anglaise : discrètement, sans prendre congé . Les Anglais nous renvoient évidemment la balle puisqu’ils disent :  Take French leave

Friser la quarantaine, la cinquantaine, etc. : aller sur ses quarante ans, avoir bientôt quarante ans.

Le jeu n’en vaut pas la chandelle : cela n’en vaut pas la peine, en parlant d’une entreprise, d’une affaire hasardeuse. L’expression signifiait littéralement que les gains du jeu ne suffiraient pas à payer la chandelle qui éclairait les joueurs.

Faire la sainte nitouche : personne qui affecte l’innocence; cette expression implique l’idée d’une certaine hypocrisie.

Avoir le vent en poupe : être poussé par les circonstances, la fortune, vers le succès.

Avoir la larme facile : pleurer facilement

Un petit rat de l’Opéra : non, ces hauts lieux de Culture que sont les opéras ne sont pas infestés de rongeurs. Ou peut-être si. Quoi qu’il en soit, dans ce contexte, un petit rat est une élève de la classe de danse employée dans la figuration.

Avoir l’oreille musicale : avoir un sens inné de la musique.

(il n’y a ) Pas de quoi fouetter un chat : la faute, l’affaire est insignifiante; ne mérite pas de punition, c’est une bagatelle.

Être sous le charme : être captif, « hypnotisé » par le charme d’une chose ou, bien entendu, d’une personne.

Il (ça) ne me fait ni chaud ni froid : il (cela) m’est indifférent. Je ne sais pas ce que tu lui trouves, à ce type. Moi, en tout cas, il ne me fait ni chaud ni froid.

Il était moins une, moins cinq : il s’en fallait d’une, de cinq minutes, de très peu.

Ce n’est pas dans mes cordes (ou : ce n’est pas mon truc) : ce n’est pas de ma compétence. L’informatique, ce n’est pas vraiment dans mes cordes.

Avoir la main verte
Avoir la main verte

 

Avoir les doigts verts, la main verte : être habile à cultiver les plantes.

Couper les cheveux en quatre
Couper les cheveux en quatre

Couper les cheveux en quatre : chercher d’une façon excessive toutes sortes de subtilités.

C’est tiré par les cheveux : forcé et peu logique (tout à fait comme en néerlandais)

Être (se mettre) sur son trente et un : avoir (mettre) ses plus beaux vêtements.

Rire comme une baleine : rire en ouvrant la bouche toute grande.

Pleurer comme une Madeleine : pleurer beaucoup et longtemps ( cfr. Marie Madeleine qui aurait lavé de ses larmes les pieds du Christ avant de les sécher avec ses cheveux.) En regardant ce film, j’ai pleuré comme une Madeleine!

Avoir le moral à zéro : avoir le moral très bas, être découragé

Avoir  (ou mettre) le couteau sur la gorge : être acculé à faire quelque chose, contraint par une menace ou le chantage.

Ce n’est pas la mer à boire : ce n’est pas si difficile

« Il n’y a pas le feu » : rien ne presse, ce n’est pas urgent, soyez patient.

« C’est un secret de Polichinelle » : faux secret, bien vite connu de tous. L’expression vient du personnage de la commedia dell’ arte et des marionnettes.

 

Certaines illustrations proviennent du site TV5 Monde