Expressions idiomatiques françaises

Les idiotismes

Ce sont des manières de dire, des tours de phrases, des assemblages de mots, irréguliers et tellement propres idoï à une langue qu’ils n’ont pas d’équivalence littérale dans une autre langue. Chaque langue a les siens: la langue française a ses gallicismes; la langue anglaises, ses anglicismes; la langue allemande, ses germanismes, etc. Et plus une langue possède d’idiotismes, plus elle est riche, toutes choses égales d’ailleurs. Car, ce qui donne à un idiome sa valeur, c’est son originalité. Celle-ci, sans doute, a d’autres sources, mais elle est due, en grande partie, à ses locutions intraduisibles et pleines d’une saveur du cru qui reflètent la personnalité d’un peuple, son histoire, son caractère, son esprit, ses moeurs.

Les gallicismes sont nombreux. Certaines oeuvres littéraires, d’entre les plus belles, en sont émaillées, telles les fables de La Fontaine.

Comment se sont formés ces gallicismes? d’où sont-ils venus? Dans quelques-uns, on retrace d’anciennes tournures latines. D’autres, le plus grand nombre, sans doute, et les plus caractéristiques, sont sortis du parler populaire comme le fond originel de la langue. C’est dans la bouche du peuple que se triturent les vocables et se tournent les locutions inverses et elliptiques. Le peuple n’a point souci de la grammaire, qu’il ignore, mais il a un esprit naturel et une vive imagination. L’incorrection est son fait; le pittoresque aussi. Sa vie, ses besoins, son travail, son horizon familier, lui fournissent les éléments de son langage, qu’il associe à sa façon. Chaque génération donne son apport. Des écrivains ingénieux, un Rabelais, un Montaigne, venant par là-dessus, ont brodé sur l’acquis et l’on enjolivé de formules nouvelles, tout en affinant et mettant au point les anciennes. Voilà, vraisemblablement, l’origine de nos gallicismes.

Les idiotismes et la traduction

Comment traiter les idiotismes dans une langue étrangère, puisqu’ils sont intraduisibles?

On ne peut tout de même pas les omettre. D’abord, il faut se résigner à laisser la lettre dans l’original; ailleurs que là, elle n’a absolument aucun sens, ou un sens risible. Allez donc dire en anglais: to have nice ou beautiful, pour avoir beau! ou en français: vue d’oeil d’oiseau pour bird’s eye view !

Quelquefois un anglicisme correspond à un gallicisme, comme there is, there are, pour il y a. Mais souvent on doit se contenter du sens, rendu grammaticalement et précisé le mieux possible grâce au contexte. Et encore n’est-il pas toujours possible de dégager entièrement le fond de la forme, tellement l’un fait corps avec l’autre. D’autres fois, l’idiotisme a capté une image ou un mouvement que force est à la grammaire de lui laisser. On a alors un sens exact, mais décoloré et réduit à l’idée pure et simple. C’est ici que la traîtrise de la traduction est inévitable, en dépit des meilleures approximations.

Vous trouverez dans cet article quelques expressions idiomatiques qui sont encore utilisées de nos jours dans certains coins du pays et ailleurs dans la francophonie.