Escalier mystérieux de Loretto

 

Chapelle Loretto
Chapelle Loretto

Escalier mystérieux

Dans une petite ville du Nouveau Mexique aux Etats-Unis, à Santa Fe, demeure un mystère vieux de plus de 130 ans. Cette étrange phénomène attire chaque année plus de 250,000 visiteurs, et fait de la chapelle Loretto l’un des lieux les plus visités.

Pourquoi tant d’engouement autour de cette chapelle? Afin de répondre à cette question, tournons-nous vers la légende qui veut qu’un miracle y soit survenu lors de la construction de l’escalier qui mène au jubé.

Les origines de la chapelle Loretto et de son mystérieux escalier

Chapelle
Chapelle

Voici plus d’une centaine d’années, en septembre 1852 pour être tout à fait exact, les Sœurs de Lorette vinrent dans le sud ouest des Etats-Unis, voyageant en fourgon bâché et en bateau à aubes. Leur voyage avait débuté au mois de mai précédent, dans le Kentucky, sur un vapeur baptisé le « Lady Franklin », qui leur fit remonter le Mississipi jusqu’à Saint Louis ; de Saint Louis à Independance (Missouri), elles prirent le « Kansas » : mais en trajet, un grand malheur fondit sur la petite communauté. La Supérieure, Mère Mathilde, fut terrassée par le choléra et mourut peu après leur arrivée à Independance. Deux autres des Sœurs contractèrent aussi la maladie, mais en guérirent.

Chapelle de Loretto
Chapelle de Loretto

Il devint rapidement évident que si les sœurs voulaient répondre aux intentions de Monseigneur Lamy, qui souhaitait en les amenant à Santa Fe, qu’elles instruisent les gens, qu’elles auraient besoin d’un couvent et d’une chapelle. Les charpentiers mexicains commencèrent à travailler pour les Sœurs. L’école fut terminée, et on l’appela le Collège de Lorette, de Notre Dame de Lumière. Des plans en vue de la construction d’une magnifique chapelle furent ensuite élaborés. Selon les annales des Sœurs pour cette année-là, la chapelle fut commencée le 25 juillet 1873. C’est le même architecte qui avait dessiné la cathédrale de Santa Fe, M Mouly, qui en fit les plans. Monseigneur Lamy venait de France, et il avait voulu que les Sœurs aient une chapelle similaire à la Sainte Chapelle de Paris, qu’il affectionnait particulièrement. Cela signifie qu’elle devrait être strictement gothique, et de fait, elle sera la première structure gothique à l’ouest du Mississipi.

L’architecte, Antoine Mouly, était français et les contreforts, les flèches et les vitraux furent importés de France. Lors de la finalisation de sa construction, les sœurs habitant les lieux ont fait part de l’oubli de l’escalier permettant de se rendre au jubé. Afin de résoudre leur problème, elles débutent alors une neuvaine à St-Joseph, le patron des charpentiers.

Alors que le dernier jour de prière des sœurs est venu, un étranger tout droit sorti de nul part frappe à la porte de la chapelle. Ce mystérieux inconnu se présente comme charpentier de profession et met ses talents en œuvre afin d’offrir l’escalier manquant.

Escalier mystérieux de Loretto
Escalier mystérieux de Loretto Les rampes en bois furent ajoutées plus tard par Philippe Auguste Hesch.

Mystérieusement, l’homme travail seul et ne possède que quelques outils rudimentaires. À la fin de la construction, les sœurs sont ébahies, personne ne comprend comment l’escalier tient debout sans utiliser un poteau de support central. Plus étrange encore, le charpentier n’a fait appel à aucune sorte de colle ni aucun clou pour maintenir la construction. Ce mystérieux inconnu repartira aussi mystérieusement qu’il est arrivé, et cela sans demander aucun salaire pour son travail accompli.

Depuis ce jour, une légende s’est ancrée dans l’histoire de la ville de Santa Fe, et raconte que ce mystérieux charpentier serait en réalité St-Joseph lui-même, envoyé par Jésus-Christ afin d’aider les sœurs à résoudre leur problème. Aujourd’hui, cet escalier mystérieux a pris le nom de “miraculeux” et la chapelle Loretto est devenue un site de pèlerinage.

Escalier mystérieux de la chapelle
Escalier mystérieux de la chapelle

Un porte-parole de la chapelle dit qu’il y a 3 mystères dans cet escalier :

Le premier mystère est que jusqu’à ce jour, l’identité de l’homme demeure toujours inconnue.

Le second mystère : tous les ingénieurs, architectes ou scientistes disent qu’ils ne peuvent expliquer comment cet escalier peut tenir debout, n’ayant aucun support central.

Le troisième mystère : où a-t-il pris le bois puisque le bois utilisé pour construire l’escalier n’existe pas dans cette région?

Techniquement, l’escalier mesure 22 ft de haut (6.71 mètres environ). La durée pendant laquelle l’escalier est resté sans rambarde varie selon les sources de 2 à 10 ans. Le nom du menuisier ayant procédé à cette adjonction est connu (Philippe Auguste Hesch).

Un autre détail qui augmente la croyance en un miracle : l’escalier compte 33 marches, soit l’âge du Christ. Les 33 marches, si leur nombre correspond à la durée de vie officielle du Christ, ont cependant une hauteur normale (~18,5cm) et rien ne permet d’exclure le hasard quant à ce nombre.

La dimension de 7 pieds de diamètre et 7 pouces, qui correspondent aux 7 sacrements de l’Église Catholique…

Escalier mystérieux de la chapelle
Escalier mystérieux de la chapelle

À la fin des années 1990, Mary Jean Straw Cook, auteur de Loretto: The Sisters and Their Santa Fe Chapel (2002, Museum of New Mexico Press) aurait retrouvé l’identité du constructeur de l’escalier. Il s’agirait de François-Jean Rochas, un Français expert dans le travail du bois qui aurait vécu dans la région de Santa Fe proposa alors de construire un escalier « avec les moyens du bord », c’est à dire sans rampe, laquelle ne fut rajoutée qu’en 1887 ni colonne centrale.. En plus de découvrir des indices qui liaient Rochas à un entrepreneur français œuvrant dans cette région, Cook a découvert une notice nécrologique de 1895 dans le journal The New Mexican qui nommait explicitement Rochas comme le constructeur de l’escalier de la chapelle. Selon Cook, Rochas avait 27 ans en 1878 au moment où l’escalier fut construit. Pourtant, les sœurs ont affirmé avoir rencontré un homme âgé.

Monsieur Urban C. Weidner, architecte de la région de Santa Fe, et expert en boiseries dit qu’il n’avait jamais vu un escalier circulaire sur 360° qui ne soit pas supporté par un pilier central. Les autres escaliers colimaçons à noyau creux ont des dimensions nettement plus réduites. L’une des choses les plus surprenantes à propos de cet escalier, c’est, selon Monsieur Weidner, la perfection des courbes des limons. Il m’a expliqué que le bois est raccordé (en menuiserie on dit « enté ») sur les côtés des limons par neuf entures sur l’extérieur, et sept sur l’intérieur. La courbure de chaque pièce est parfaite. Comment cela a-t-il été réalisé dans les années 1870, par un homme travaillant seul, dans un endroit retiré, avec des outils des plus rudimentaires ? Cela n’a jamais été expliqué.

Une étude de 2007 explique que l’escalier est probablement non sécurisé par sa forme hélicoïdale qui le fait osciller comme un grand ressort. Cependant, même si plusieurs escaliers en colimaçon n’ont recours à aucun pilier central, cet escalier contiendrait un support central caché constitué d’une pièce en bois tourné possédant un petit rayon de courbure. De plus, l’ouvrage prendrait appui sur l’un des piliers qui retient le triforium. Il serait construit en bois d’épicéa.

Le collège de Lorette a été fermé en 1968, et la propriété a été vendue aux enchères. Au moment de la vente, en 1971, la Chapelle de Notre Dame de Lumière fut dé-consacrée, et retirée du culte catholique. L’accès à la tribune a été interdit en 1970, non pas à cause de la vétusté de l’escalier ; mais en raison de l’application stricte des normes de sécurité : la tribune n’avait pas d’issue de secours !