Edward Steichen

Edward Steichen par Fred Holland Day, 1901
Edward Steichen par Fred Holland Day, 1901

Edward Steichen

En me promenant sur la grande toile, j’ai trouvé quelques photos de cet artiste et les photos en noir et blanc m’ont toujours attiré. Je trouve qu’il y a une plus grande qualité et profondeur dans ce genre de photo que dans la photographie en couleur qui se rapproche beaucoup plus de la réalité quotidienne.contrairement au monochrome qui ajoute une certaine « ambiance » que l’on retrouve rarement dans la couleur.

Edward Steichen est né le 27 mars 1879 à Bivange au Luxembourg et est mort le 25 mars 1973 à West Redding dans le Connecticut.

Né Édouard Jean Steichen, fils de Jean-Pierre et Marie Kemp Steichen. Sa famille émigre aux États-Unis en 1881 et s’installe à Hancock dans le Michigan. C’est à la Milwaukee’s American Fine Art Company qu’à l’âge de quinze ans Edward apprend l’art et la technique de la lithographie.Il commence à photographier, dès l’âge de 16 ans, son entourage et la campagne.

Il est naturalisé américain en 1900 avant de retourner en Europe où il s’installe à Paris.

Edward Steichen se fait connaître comme peintre au tournant du XXe siècle. En 1900, avant de s’installer à Paris, Edward passe par New-York où il rencontre Alfred Stieglitz. Lorsqu’il arrive à Paris il arrête ses études de dessin et commence une série de portrait des « Grands Hommes » parmi ceux-ci il y a Anatole France, Richard Strauss, George Bernard Shaw ou encore Henri Matisse.

 

Il rencontre à ce moment Auguste Rodin qu’il avait découvert à la bibliothèque de Milwaukee. Le sculpteur lui ouvre les portes de son atelier de Meudon ; il réalisera plusieurs séries de photographies de lui ainsi que de ses sculptures.

 

Steichen adhère ainsi au mouvement pictorialiste, en devient l’un des maîtres ; il photographie les élégantes du bois de Boulogne. En 1902, il rejoint Alfred Stieglitz aux États-Unis. Il participe, avec lui, à la création de Photo-Secession, selon Stieglitz c’est un mouvement qui veut « faire sécession avec l’idée convenue de ce que constitue une photographie ». Ensemble, ils éditent en 1903 la revue Camera Work dans laquelle les photos sont mises en valeur. Ils font découvrir aux Américains les artistes d’avant-garde de la photographie française. La même année, il crée sa propre galerie d’art à New York, The Photo-Secession Galleries, ou « 291 ».

Robes de Paul Poiret
Robes de Paul Poiret

En 1911, il réalise ce qui est considéré historiquement comme la première photographie de mode, publiée dans la revue française Art et Décoration de Lucien Vogel. Il photographia les robes de Paul Poiret .

Pendant la Première Guerre mondiale, il commande la division photographique des forces expéditionnaires américaines. Au niveau artistique, à partir de 1915, il réalise des compositions radicalement différentes et prône une photographie « pure », la « straight photography », et en tant que botaniste passionné, il cultive des fleurs hybrides.

Après la Première Guerre mondiale, au cours de laquelle, il revient à la « straight photography », il évolue ensuite progressivement vers la photographie de mode. Au début des années 1920, l’éditeur américain Condé Nast le choisit pour devenir le photographe en chef des publications du groupe, imposant ses exigences en matière de photographie : « La distinction, l’élégance et le chic ». Il travaille particulièrement pour Vanity Fair et pour Vogue, magazines pour lesquels il réalise notamment de nombreux portraits de célébrités, démontrant une grande capacité à mettre en valeur ses sujets. Il travaillera également étroitement avec Carmel Snow d’Harper’s Bazaar.

Gloria Swanson
Gloria Swanson

 

Il photographie Gloria Swanson en 1924, puis l’une de ses photographies de l’actrice Greta Garbo, datant de 1928, parue en couverture du magazine Life le 10 janvier 1955, est considéré comme l’un des portraits inoubliables de l’actrice.

Greta Garbo Life
Greta Garbo Life

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Pendant la Seconde Guerre mondiale, il est directeur de l’Institut photographique naval (Naval Photographic Institute). Son film documentaire, The Fighting Lady, remporte en 1945 l’Oscar du meilleur documentaire.

 

The Fighting Lady
The Fighting Lady (cliquez pour voir le film sur ma chaine Youtube

 

À partir de 1947 et jusqu’en 1962, Steichen est le directeur du département de la photographie du MoMA, le musée d’art moderne de New York. Sa biographie, A Life In Photography, est éditée en 1963.

En 1970, l’année de leur création, les Rencontres internationales de la photographie d’Arles présentent son œuvre lors d’une soirée de projection au Théâtre antique, intitulée « Edward Steichen, photographe » et présentée par Martin Boschet.

Steichen est connu, parmi d’autres réalisations, pour avoir créé « The Family of Man » en 1955, une grande exposition au Musée d’art moderne de New York, présentant plus de 500 photos de 273 photographes, illustrant la vie, l’amour et la mort dans 68 pays. L’exposition a attiré plus de neuf millions de visiteurs, et, comme le souhaitait Steichen, a été donnée au Grand-Duché du Luxembourg pour être l’objet d’une exposition permanente à Clervaux. Cette exposition est aujourd’hui inscrite à l’Unesco dans la section « mémoire ».

Outre l’exposition « The Family of Man », une autre œuvre de Steichen est célèbre pour avoir été, un temps, la photographie la plus chère du monde : The Pond-Moonlight.

 

The Pond—Moonlight by Edward Steichen, 1904
The Pond—Moonlight by Edward Steichen, 1904

 

En février 2006, cette œuvre des débuts pictorialistes de Steichen (datée de 1904) a été vendue 2 928 000 dollars chez Sotheby’s à New York, un record à l’époque battu depuis par 99 cent II d’Andreas Gursky, un diptyque qui a atteint 3 340 456 dollars à une enchère de Sotheby’s à Londres en février 2007.

Steichen a pris la photo à Mamaroneck près de la maison d’un de ses amis, le critique d’art, Charles Caffin. La photo représente une zone boisée et un étang : la lumière de la lune apparaît entre les arbres et se reflète dans l’étang. Bien que le premier procédé couleur, l’autochrome, n’apparaisse qu’en 1907, Steichen réussit à créer une impression colorée en utilisant des couches de gommes sensibles à la lumière qu’il applique à la main. En 1904, bien peu de photographes utilisent cette technique expérimentale. Seuls trois exemplaires de cette photo sont connus (deux sont dans des musées) et comme l’usage des gommes est manuel, chaque exemplaire est unique.