Définitions de quelques termes

Définitions de quelques termes

Définitions de quelques termes
Définitions de quelques termes

Définitions de quelques termes employés dans l’étude du langage:

Langage
Le langage est l’ensemble des moyens par lesquels, l’homme exprime ses sentiments et ses pensées.Il y a trois modes d’expression universellement employés:
Mimique: au moyen du geste, du jeu de physionomie, des attitudes du corps, etc.
Parole: au moyen de sons articulés de la voix
Écriture: au moyen de caractères conventionnels tracés au burin, à l’encre, au pinceau, etc.

Linguistique
science qui a pour objet l’étude du langage considéré dans ses éléments constitutifs et dans les formes que peuvent revêtir ces éléments.

Phonétique
étude des sons, s’occupe des éléments constitutifs du langage, c’est-à-dire des voyelles et des consonnes.

Morphologie
étude des formes, s’occupe des combinaisons formées par les voyelles et les consonnes, c’est-à-dire des mots.

Syntaxe
étudie l’arrangement des mots, c’est-à-dire la construction des phrases.


Acronyme

Un acronyme est un groupe d’initiales abréviatives (HLM est l’acronyme de « Habitation à Loyer Modéré »).

Acrostiche

A partir d’un nom ou d’un mot donné, on écrit un poème qui compte autant de vers que le mot compte de lettres, et dont le premier vers commence par la première lettre du mot, le deuxième par la deuxième, et ainsi de suite.

Anagramme

L’anagramme fait permuter les lettres d’un ou plusieurs mots, de façon à former d’autres mots (« ami » est l’anagramme de « mai »).

Argot

Selon certains auteurs, un argot est un registre de langue ou un parler particulier à un groupe social, c’est-à-dire un sociolecte, qui vise à exclure tout tiers de la communication.

L’argot a initialement pour fonction de crypter le message, avec pour visée qu’un non-initié ne le comprenne pas. Il a également une fonction identitaire car il permet la reconnaissance mutuelle des membres du groupe et la démonstration de leur séparation de la société par un langage différent.

Il faut distinguer l’argot du jargon, qui est propre à un groupe professionnel et est censé en théorie ne pas avoir cette visée cryptique.

Beau présent et épithalame

Un beau présent (ou une belle présente) est un poème composé en l’honneur d’une personne d’un sexe ou de l’autre. On l’écrit en n’utilisant que les lettres du nom du (ou de la) destinataire. Un épithalame est un poème composé en l’honneur d’un couple de jeunes mariés. On l’écrit en n’utilisant que les lettres du nom des époux.

Belle absente

Une belle absente (ou un bel absent) est un poème composé en l’honneur d’une personne d’un sexe ou de l’autre. Le poème comporte autant de vers que les lettres du nom de la (ou du) destinataire (comme dans l’acrostiche). L’on s’interdit d’utiliser dans le premier vers la première lettre du nom, dans le deuxième vers la deuxième lettre, et ainsi de suite. Toutes les autres lettres doivent au contraire être présentes dans chaque vers.

Boustrophédon

Dans son sens littéral, le boustrophédon est une écriture archaïque (grecque) qu’on lisait successivement de gauche à droite et de droite à gauche. Il en a résulté un jeu très simple qui consiste à lire les mots non pas de gauche à droite comme on en a l’habitude en français, mais à droite à gauche.
Les « termes » ainsi créés qui s’en suivent présentent alors parfois un aspect assez comique ou deviennent d’autres mots. Exemples: Pots devient Stop, Soir devient Rios, etc.

Calligramme
Calligramme

Calligramme
Le calligramme est un exercice littéraire consistant à dessiner approximativement le thème évoqué, par la disposition typographique.

Contrainte du prisonnier
C’est un lipogramme d’un genre particulier. Dans sa cellule, le prisonnier ne dispose que d’un papier minuscule. Pour gagner de la place, il composera son message en évitant toutes les lettres à hampe ou à jambage. Les seules lettres autorisées sont donc : a, c, e, i, m, n, o, r, s, u, v, w, x, z.

Contrepèterie
Interversion plaisante de lettres ou de syllabes dans un groupe de mots.

Lipogramme
Un lipogramme est un texte dans lequel on s’impose de ne jamais employer une lettre de l’alphabet, parfois plusieurs.

Monovocalisme
C’est un texte d’où sont bannies toutes les voyelles, sauf une.

Palindrome
Le palindrome est un texte qui peut être lu de gauche à droite comme de droite à gauche : Kayak, ressasser, Noyon, Serres, Laval, tout comme Ubu, mais aussi Roma et amor, sont des palindromes de lettres. On peut aussi forger des palindromes de syllabes (le verlan repose souvent sur un palindrome de syllabes), de mots, de phrases.

Vers holorimes

Des vers holorimes ou olorimes sont des vers entièrement homophones ; c’est-à-dire que la rime est constituée par la totalité du vers, et non pas seulement par une ou plusieurs syllabes identiques à la fin des vers comme dans la rime « classique ». Cette figure de style est ancienne, mais le premier sonnet recensé entièrement constitué d’holorimes est l’œuvre de Jean Goudezki (1866-1934). Daté de 1892 et dédié à Alphonse Allais, il s’intitule « Invitation » et a été écrit au célèbre cabaret du Chat noir à Paris.

Invitation, de Jean Goudezki

Je t’attends samedi, car Alphonse Allais, car
A l’ombre, à Vaux, l’on gèle. Arrive. Oh ! la campagne !
Allons – bravo ! – longer la rive au lac, en pagne ;
Jette à temps, ça me dit, carafons à l’écart.

Laisse aussi sombrer tes déboires, et dépêche !
L’attrait (puis, sens !) : une omelette au lard nous rit,
Lait, saucisse, ombre, thé des poires et des pêches,
Là, très puissant, un homme l’est tôt. L’art nourrit.

Et, le verre à la main, – t’es-tu décidé ? Roule –
Elle verra, là mainte étude s’y déroule,
Ta muse étudiera les bêtes ou les gens !

Comme aux dieux devisant, Hébé (c’est ma compagne)…
Commode, yeux de vice hantés, baissés, m’accompagne…
Amusé tu diras : « L’Hébé te soûle, hé ! Jean ! »

Autres exemples

Et ma blême araignée, ogre illogique et las
Aimable, aime à régner, au gris logis qu’elle a. (Victor Hugo)

Par les Bois du Djinn, où s’entasse de l’effroi,
Parle et bois du gin !… ou cent tasses de lait froid. (Alphonse Allais)

Ah ! Vois au pont du Loing, de là, vogue en mer Dante.
Hâve oiseau pondu loin de la vogue ennuyeuse1. (Alphonse Allais)

Gall, amant de la Reine, alla, tour magnanime,
Galamment de l’arène à la tour Magne, à Nîmes. (Marc Monnier2)

Ô, fragiles Hébreux ! Allez, Rebecca, tombe !
Offre à Gilles zèbre, œufs. À l’Érèbe hécatombe ! (Victor Hugo)

Dans ces meubles laqués, rideaux et dais moroses,
Danse, aime, bleu laquais, ris d’oser des mots roses. (Charles Cros)

Danse, prélat ! L’abbé t’apprit l’air en plain-chant !
Dans ce pré-là, la bête a pris l’air en pleins champs (Luc Étienne)

Comme beaucoup de ces formes fondées sur des contraintes extrêmes, les poèmes composés d’holorimes tiennent en général plus de la prouesse que de la littérature. Louise de Vilmorin pourtant, dans son recueil L’Alphabet des aveux, parvint à la synthèse du jeu et de l’émotion :

Étonnamment monotone et lasse
Est ton âme en mon automne, hélas !


 

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