Bretagne contes et légendes: Concarneau, Fête des Filets bleus

Contes bretons – chapitre 1

Mystères de la Bretagne
Mystères de la Bretagne

Contes bretons

La Bretagne est une entité géographique et culturelle à l’identité forte, notamment marquée par son histoire.

Informations sur la Bretagne

 


 Le paradis du couchant

Bretagne contes et légendes Le paradis du couchant
Bretagne contes et légendes Le paradis du couchant

Hag he’n eun enezenn, kalz, tud enni o tansal…

Ha gwe glas tro war dro, hi karget a avalo…

Quand le Breton des côtes se prépare à mourir, son âme impatiente et lassée de son corps brûle de devenir anaon et d’appareiller au large. C’est là que se trouve le Paradis sans latitude ni longitude que les Celtes trouvèrent en eux-mêmes sans sextant ni boussole.

Les Irlandais l’appelent Tir na n’Og et les Bretons Bro ar Re Yaouank, qui veut dire Terre des Jeunes, parce que le temps n’y est pas compté. Une île, terre flottante, qui ne connaît qu’une fois la même vague, ne reste qu’un instant à l’aplomb de chaque étoile. Elle est beaucoup plus loin qu’on ne saurait le dire, et pourtant il suffit d’une seule marée pour la rejoindre. On ne peut pas mourir quand la mer monte au plein. Le dernier souffle est exhalé à mer étale et le reflux embarque l’âme dans la lourde écume de sa vague en retour. Mais il faut le vent haut, le vent d’amont, pour porter en kornog. Si le vent garde l’âme dans le sillage du soleil, elle navigue sur l’île fortunée, au signal d’un grand feu qui darde nuit et jour sur la plus haute éminence.

Au rivage l’attend un cortège d’élus dans une lumière surnaturelle où toute impureté se dissipe et se fond. Tous les arbres sont verts, toutes les nourritures se résolvent dans la pomme, tous les breuvages dans l’hydromel des sources vives. C’est un pardon sans fin, sous les ombrages, et les plus beaux cantiques des fées à tresses blondes bercent les bienheureux dans leurs demeures transparentes. Voilà ce que l’on disait à Molène et dans les autres terres infimes qu’embrasse l’eau salée, dans les ports des grèves, des criques, des anses, des pointes et caps qui regardent, chaque soir, l’étonnante fantasmagorie du soleil sur la mer. Et l’on cesse de le dire, hélas, depuis que se perd dans les mémoires l’antique science de la voile et des lits du vent.

Ainsi s’éloignent les paradis.

 

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