Caladrius

Caladrius

Autres noms: Caladres, Calandre, Calandrius, Caradrius, Charadrius

Caladrius - illustration du XIIIe siècle
Caladrius – illustration du XIIIe siècle

Selon la mythologie Romaine, le Caladrius est un oiseau blanc de taille moyenne qui vit dans les résidences Royales. Il possède le pouvoir de diagnostiquer une maladie, de s’en emparer, s’envoler avec vers le soleil pour la brûler, la légende explique aussi que l’oiseau guérit les plaies les plus mortelles à l’aide de ses plumes.

Le caladrius, calandre ou caladre est un oiseau légendaire et fabuleux du Moyen Âge, très présent dans les bestiaires où il est décrit comme ayant la taille d’un corbeau ou d’un héron et possédant de grands pouvoirs de guérison. Ainsi, selon la légende, tout malade que le caladrius fixait dans les yeux était destiné à vivre, tandis que ceux dont il détournait le regard étaient condamnés à mourir.

Symboliquement, le caladrius représente le Christ, la pureté et la Vierge, son pouvoir guérisseur dépendant également de la croyance que l’on a en lui.

 

 

Le Caladrius sur la façade de l'église Saint-Pierre d'Aulnay (Saintonge)
Le Caladrius sur la façade de l’église Saint-Pierre d’Aulnay (Saintonge)

Cité par de nombreux auteurs (Plutarque, Elien, Hugues de Fouilloy, Honoré d’Autun, Alexandre Neckam …), il est également évoqué dans les romans médiévaux et sculpté sur le fronton de certaines églises romanes.

 

Oiseau légendaire du Moyen-Age il était censé approcher la taille d’un corbeau ou d’un héron. Parfois décrit comme doté d’une tête d’Aigle, d’un long cou et d’une queue de serpent, il était paré d’un plumage d’un blanc immaculé.

 

 

 

Caladrius et patient
Caladrius et patient

Préservé de tout commerce en vertu de ses capacités, il était capable de guérir les gens de maladies incurables, mais tournait la tête si la personne en question était destinée à mourir. Lorsqu’il guérissait un malade, il le fixait, lui prenait ses maux puis s’envolait vers le soleil pour les consumer. Censé soigner toutes les maladies (sa fiente guérissait la cécité), l’oiseau ne pouvait pourtant pas endurer le regard d’une personne impure car son pouvoir dépendait de la croyance qu’on plaçait en lui. Préférant s’en détourner en fermant les yeux, il l’abandonnait alors à son sort, ce qui équivalait à une mort certaine.

 

Caladrius est un oisel, Qui est et gracieus et bel, Partout blanc et n’a point d[e noir]

No livre dient que c’est voi[r]. S’aucun es iex a maladie, De cest oisel prenés Caladriuspartie

C’est la cuisse; ele alegera Qui a son droit la parlera[l. portera].Caladrion par nuit obscure

Vole. Il ra une autre nature Qui est merveilleuse et bonne: Se malade est une personne

Et bien le regarde en la face, Que attentiblement le face, Signes est que ne morra mie.

Et le contraire segnefie Mort a venir prochiennement; Quant ses iex tourne ysnelement Et quant volentiers ne le voit,

C’est signe que ciz mourir doit.

 

 Est volatile quae dicitur Caladrius Hec serîptum est in Deuteronomio non manducandum. Fisiolocus dicit de hoc: Quia lotus albus est, nullam partem habens nigram; cujus interius femur currat (curât) caliginem oculorum. Si quis autem est in egritudine constitutus ex hoc Caladrio coguoscitur si vivat ut (aut) moriatur. Si ergo est infirmitas hominis ad mortem, mox ut viderit infirnuim avertit faciem ab eo Caladrius, et omnes coguoscunt quod morilurus est. Si autem infirmitas ejus non pertinet ad mortem, intendit faciem ejus Caladrius et adsumet omnes egritudines infra se, et voletin aere solus, el comburet infirmitas ejus, et dispergit eam, et erit salvus infirmus. L’oiseau appelé Caladrius est celui dont le Deutéronome a défendu de se nourrir. Le médecin dit en parlant de lui: Il est blanc et l’intérieur de sa cuisse guérit les maux d’yeux; avec le Caladrius tu connaîtras quand un malade doit vivre ou mourir: approche de lui cet oiseau, et s’il détourne la vue, tu sauras que la mort est proche; si au contraire le Caladrius regarde patient, il vivra car l’ oiseau prend pour lui toute la maladie et s’envole avec elle.

Le livre des légendes par Le Roux de Lincy, p. 119

 

Charadrius
Charadrius

In architecture, and in the formative arts generally, the charadrius is represented as looking at the sick person or turning away its head, or quite frequently as flying up into the air. The last-mentioned movement of the bird is also a sign of restoration to health, since it is carrying off the malady or, more scientifically speaking, the bacteria of disease to be burned and destroyed by the intense heat of the sun. This scene is carved in stone on the doorway of the church at Alne; and in the border of a lancet window in the apsis of the cathedral at Lyons is the picture of a woman half-reclining on a couch, while a bird is stretching out its beak close to her left hand, which lies in her lap, and another bird is flying towards her with its head slightly averted. Such delineations are often found in missals, prayer-books, and similar aids to devotion, as, for example, in the profusely and curiously illustrated manuscript psalter of Isabella of France, now in the Royal Library at Munich.

Dans son bestiaire, Philippe de Taon le décrit comme une Mouette et précise qu’il ne devait en aucun cas être mangé. Sur certaines sculptures romanes, il est représenté avec un corps d’oiseau et un visage d’homme, lui-même coiffé d’un cou et d’une tête d’oiseau.

Quand le naturaliste Buffon, au XVIIIe siècle, s’est penché sur l’identification de cet animal, il a déduit des écrits antiques et médiévaux qu’il s’agissait d’un pluvier.

 

In the Vulgate and Septuagint versions of Deut. xiv. 18 the Jews were forbidden to eat the flesh of the charadrius among other birds. Liddell and Scott write of the charadrius as being a stone curlew, or thick-kneed bustard, which is very greedy. The sight of it was supposed by the Greeks to cure the jaundice. In the Bestiaries this bird is drawn like a white thrush or plover, though in some cases it is represented as a huge bird with curly feathers, and long neck as in the mutilated Bestiary in the British Museum (Vit. D. 1).

 

Chez le lexicographe grec Suidas (Xe siècle), cet animal apparaît sous le nom Icterios, et est évidemment capable de guérir… de la jaunisse !


Bibliographie

THE CALADRIUS AND ITS LEGEND, SCULPTURED UPON THE TWELFTH-CENTURY DOORWAY OF ALNE CHURCH, YORKSHIRE, by GEORGE C. DRUCE, F.S.A.
Originally published in Archaeological Journal (Royal Archaeological Institute of London) Volume 69, 1912 Pages 381-416

ANIMAL SYMBOLISM IN ECCLESIASTICAL ARCHITECTURE by E.P. EVANS
London: W. Heinemann 189

SYMBOLISM OF ANIMALS AND BIRDS REPRESENTED IN ENGLISH CHURCH ARCHITECTURE by ARTHUR H. COLLINS, M.A. , NEW YORK McBRIDE, NAST & COMPANY 1913