Ail (Allium sativum L.)

Ail
Allium sativum L.

Botanique

famille : Liliaceae

Plante herbacée vivace de 20 à 40 cm de haut, l’ail est une Liliacée.

Ses fleurs en ombelles blanches ou rosées sont généralement stériles dans nos régions; l’ail se reproduit par un bulbe formé de caïeux (gousses). Son odeur forte et piquante, présente dans toute la plante, ne se révèle qu’à la déchirure de ses tissus.

Ail
Ail

• plantes à fleurs dont les graines sont enfermées dans les fruits (angiospermes)
• plante terrestre
• plante à tige souple (herbacée)
• plante dressée
• fleur pédonculée, elle est implantée sur la tige ou directement sur la souche par l’intermédiaire d’un pédoncule (on a représenté les deux cas)
• les fleurs arrivent au même niveau et le point de départ des inflorescences est commun et unique (ombelle)
• fleurs à symétrie radiale (on dit aussi axiale). Attention, les pétales peuvent être soudés
• fleurs petites symétriques ou presque et en ombelles
• il n’y a qu’un seul type de pièce à l’apparence de pétales, ce sont des tépales
• sépales ou tépales libres
• 6 sépales
• pas de calicule
• la fleur ne possède pas d’éperon
• blanc rouge clair
• hermaphrodite
• l’ovaire est situé au-dessus du plan floral et n’y est soudé que par sa base
• 3 carpelles
• les loges sont soudées par l’ovaire et le style
• les étamines sont soudées sur le réceptacle
• les étamines sont complètement libres
• 6 étamine(s)
• les étamines sont toutes égales entre elles
• les étamines sont centrées par rapport à chaque pétale
• feuilles simples. Leur forme est simple mais peut varier énormément
• la feuille (ou chaque foliole) est linéaire, plus ou moins pointue ou en forme de faux
• bord entier
• nervures parallèles
• la feuille s’insère sur la tige au moyen d’une gaine (engainante)
• pas de stipules
• pas de vrilles
• chaque feuille est insérée à un niveau différent sur la tige, soit dans un même plan, soit en tournant autour de la tige (alterne)
• pas de poils
• tige cylindrique
• tige pleine
• tige lisse
• pas de latex
• fruit simple : un fruit en une seule partie dans chaque fleur
• fruit sec s’ouvrant à maturité (déhiscent). Attention les façons de s’ouvrir varient

Généralités

Ail - gravure sur bois de l'Hortus Sanitatis de Mayence 1685
Ail – gravure sur bois de l’Hortus Sanitatis de Mayence 1685

Originaire du désert des Kirghiz en Sibérie, l’ail a envahi le monde occidental et méditerranéen depuis plusieurs millénaires; il s’est depuis naturalisé dans le monde entier.

Indigène, l’ail des ours (Allium ursinum), en est une version sauvage. Il signale sa présence, autour de Paris ou dans les îles d’Écosse, dès le mois de mai, dans les bois et les clairières par une forte odeur alliacée. Une feuille semblable à celle du muguet et des fleurs blanches en ombelle signent la plante.

Grand protecteur, l’ail était, chez les Grecs, réservé aux célébrations des mystères d’Hécate :  les participants se gavaient d’ail et sacrifiaient des animaux dont ils remplaçaient les viscères par des gousses d’ail :  ceux-ci, placés au long des routes, étaient censés détourner la hargne de la divinité infernale.

A l’inverse, il était interdit de pénétrer dans le temple de Cybèle, mère des dieux de l’Olympe, à qui avait mangé de l’ail.

Croire que l’ail ait la faculté d’absorber le mal est universel :  en Europe centrale,
il défend des vampires; Circé, magicienne, le donne à Ulysse en talisman;
les femmes enceintes en portent une gousse dans leur poche pour éloigner toute influence néfaste qui pourrait atteindre l’enfant en gestation; il fait partie du bagage du marin et du légionnaire.

Quand les gladiateurs s’enduisaient le corps d’ail frais avant de combattre une bête féroce, employaient-ils celui-ci comme talisman, fortifiant ou repoussoir pour les empêcher d’être dévorés ?

Expressions et proverbes :

À l’ail :  se dit d’un ton ou d’une attitude insolente et vive.

Puer l’ail :  avoir une saveur populaire, l’argot pue l’ail par exemple.

Le mortier sent toujours l’ail qu’on y a pilé :  on ne peut pas facilement se débarrasser de ses origines.

Usage

L’ail est une plante panacée depuis la plus haute antiquité. Il assure tonicité et longue vie. Protecteur il repousse les forces de l’enfer, la dent des bêtes féroces et les épidémies les plus dévastatrices :  jusqu’à Pasteur, son emploi fut le seul moyen de prévenir les maladies contagieuses.

L’ail détruit les bactéries pathogènes, les champignons, certains virus, et même les larves de certains moustiques.

L’ail, en cures, est un excellent hypotenseur populaire, il est recommandé dans la sclérose cérébrale et sa consommation régulière prévient les accidents cardio-vasculaires.

Selon le Talmud, elle garantit à l’homme la fertilité de sa semence.

Il soigne aussi rhume, coqueluche et bronchite chronique.

En application externe, on peut soigner les cors au pied avec de l’ail mais attention alors à sa causticité :  protégez la peau alentour !

L’ail permet d’abaisser la tension artérielle. Il permet aussi d’accroître le bon cholestérol, c’est-à-dire les HDL. Il permet également de réduire la tendance à la formation des caillots sanguins dans les artères.

Ces trois propriétés de l’ail font de cet aliment-médicament la substance la plus utile que l’on puisse trouver pour combattre les troubles cardio vasculaires. En effet, de par ces importantes propriétés, l’ail constitue la substance qui s’attaque d’un seul coup au plus grand nombre de facteurs de risques de troubles cardio vasculaires.

L’ail est à ce point précieux, qu’il mérite d’être consommé tous les jours. L’ail est utilisé en cuisine aussi bien dans le Nord de la France (ail fumé) que dans le Midi. Si vous craignez le relent antisocial de ce grand aromate que les Grecs appelaient « la rose puante », il vous suffira de croquer après le repas quelques graines de cardamome ou un grain de café.

Ceux qui n’aiment pas le goût ou odeur de l’ail, peuvent le prendre sous forme de supplément alimentaire.

1 – l’ail permet d’abord de réduire une pression artérielle trop élevée. On sait que le coeur s’épuise lorsqu’il doit pousser le sang dans des vaisseaux trop étroits. On sait également que cette étroitesse des artères est généralement due à leur encrassement.

2 – ceci nous amène à la deuxième raison. L’ail contribue à faire baisser le taux de cholestérol sanguin. Il contient des substances qui inhibent la synthèse du cholestérol par le foie.

3 – l’ail contient également des substances qui neutralisent les radicaux libres. On sait que les LDL posent des problèmes lorsqu’elles s’oxydent. L’ail contribue à prévenir cette oxydation. L’ail fait aussi baisser les LDL. De plus, il permet d’augmenter les HDL.

4 – L’ail contient aussi des substances qui agissent favorablement sur les plaquettes sanguines. Celles-ci deviennent moins collantes et risquent moins de s’agglomérer les unes aux autres. De plus, l’ail augmente le temps de coagulation du sang. Ceci contribue également à éviter la formation de caillots dans les vaisseaux sanguins. On sait que beaucoup de crises cardiaques sont le résultats de la formation de tels caillots sanguins.

5 – L’ail exerce une action anti oxydante, protégeant ainsi les tissus contre les radicaux libres.

6 – L’ail augmente l’efficacité du système immunitaire.

7 – L’ail présente des pouvoirs anti-microbes tant au niveau des bactéries, des virus que des champignons.

 

L’ail des ours contient des biocatalyseurs de la vitamine C avec une action antibactérienne. Au printemps, il contient également une substance à caractère d’hormone qui provoque des contractions de longue durée sur l’utérus. On l’utilise dans les cas d’artériosclérose et d’hypertension, c’est un bon dépuratif de printemps qui est censé nettoyer l’estomac, l’intestin, le sang, les sinusites, la furonculose, l’eczéma et les oxyures, remédier à l’anémie et à la bronchite. La pharmacopée allemande, dont il fait partie, estime ce sauvage plus actif qu’Allium sativum.

 


Bibliographie:

Livres

Phytothérapie, traitement des maladies par les plantes par J. Valnet. Malaine S.A. éditeur 1983.

Les tisanes : Plus de 60 recettes de délicieuses tisanes par Richard Craze. Éditions Soline 1998, 80 pages.

Aromatherapy by Janet Emerson. Copyright 2004 by BizDirect. / iSynergyGroup.

Encyclopédie des plantes médicinales par Andrew Chevallier. Sélection Reader’s Digest 1997.

Chinese Nutrition Therapy, Dietetics in Chinese Traditional Medecine by Joerg Kastner, M.D., L.Ac. Thieme December 17, 2008.

A Guide to Medicinal Plants, an illustrated, scientific and medicinal approach. by Koh Hwee Ling, Chua Tung Kiam, Tan Chay Hoon. World Scientific Publishing, 2009.

AROMATHERAPY, Top Aromatherapy Essential Oils, Balms and Lotions by Janet Emerson. Copyright 2004 by BizDirect. / iSynergyGroup.

Chinese and related North American Herbs, Phytopharmacology and Therapeutic Values by Thomas S.C. Li, Ph.D. CRC Press Taylor & Francis Group 2009.

A Clinical Guide to Chinese Herbs and Formulae by Chen Song Yu, Li Fei. Churchill Livingstone 1993.

The Constituents of Medicinal Plants, an introduction to the chemistry and therapeutics of herbal medecine. by Andrew Pengelly. Allen & Unwin 2004.

Dictionary of Plant Lore by Donald Watts BA MIL. Elsevier 2007.

Logiciels

L’encyclopédie des plantes médicinales, version cd-rom par la compagnie Emme au temps de Windows 95. N’est plus disponible.

 





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