Adonide : Adonis vernalis

Fleur d'adonide des moissons
Fleur d’adonide des moissons

C’est au XVIe siècle que cette plante a pris le nom d’ « adonide », par allusion à une légende mythologique :  une jeune fille nommée Myrrha, transformée en arbre (l’arbre à myrrhe) par les dieux, donna naissance à un fils :  Adonis. Aphrodite trouva l’enfant si beau qu’elle le recueillit et le confia à Perséphone, déesse des enfers, afin qu’elle l’élevât. Mais une fois Adonis devenu adulte, Perséphone, conquise par sa beauté, refusa de le rendre. Une querelle s’ensuivit entre les deux déesses et les dieux durent intervenir pour trancher :  il fut décidé que le jeune homme passerait une partie de l’année avec chacune. Mais un jour qu’Adonis était à la chasse, il fut mortellement blessé par un sanglier. Il mourut dans les bras d’Aphrodite, perdant son sang sur les fleurs alentour :  c’est ainsi que les anémones et certaines adonides sont devenues rouges.

Une légende espagnole donne une autre origine à la couleur rouge de certaines adonides :  le Christ, se blessant les pieds aux cailloux du chemin, aurait laissé derrière lui des gouttes de sang qui se seraient transformées en fleurs :  les adonides.

Les adonides sont connues pour être parmi les renonculacées les plus gracieuses. Elles poussent dans les lieux incultes, éboulis, pentes rocailleuses, mais aussi dans les pâturages. C’est une espèce très rare (protégée) en France où on ne la trouve que dans les Cévennes et les Pyrénées. Elle est l’objet d’une protection intégrale (interdiction de la cueillir) en Suisse et en Allemagne. Elle est plus fréquente en Europe centrale où elle est d’ailleurs un ancien remède des populations slaves. L’adonide illustrée ici (rouge) est l’adonis des moissons et l’adonis vernalis (jaune).