Abricot – usages et valeur nutritive

 

Abricot – usages et valeur nutritive

Botanique

Prunus armeniaca L.

famille : Rosaceae
Ses jolies fleurs blanches, souvent lavées de rose, surgissent au printemps avant les feuilles dentées, luisantes et coriaces. Dans le courant de l’été, elles laissent la place à de grosses drupes dont on consomme la chair juteuse et savoureuse.

Abricot
Abricot

• plantes à fleurs dont les graines sont enfermées dans les fruits  (angiospermes)
• plante terrestre
• plante à tige rigide, recouverte d’une écorce (ligneuse)
• arbre
• fleur pédonculée, elle est implantée sur la tige ou directement sur la souche par l’intermédiaire d’un pédoncule (on a représenté les deux cas)
• les fleurs forment une grappe qui peut être dressée ou pendante
• fleurs à symétrie radiale (on dit aussi axiale). Attention, les pétales peuvent être soudés
• type général avec pétales et sépales colorés
• on observe deux types de pièces bien distincts, les pétales et les sépales
• pétales libres
• 5 pétale(s)
• sépales ou tépales soudés
• 5 sépales
• pas de calicule
• la fleur ne possède pas d’éperon
• blanc rose
• hermaphrodite
• l’ovaire est sous le plan floral et n’est soudé au réceptacle que par sa base
• 1 carpelle
• les loges sont soudées par l’ovaire, le style et les stigmates
• les étamines sont soudées sur le réceptacle
• les étamines sont complètement libres
• plus de 10 étamine(s)
• certaines des étamines sont plus petites
• autres positions. Les étamines peuvent être disposées en plusieurs verticilles ou n’avoir aucune position bien définie
• feuilles simples. Leur forme est simple mais peut varier énormément
• la feuille (ou chaque foliole) est en forme de cœur
• bord denté (les dents peuvent être plus ou moins pointues ou arrondies)
• nervures alternées
• la feuille est munie d’une petite tige (pétiole) qui s’insère sur la tige (pétiolée)
•  présence de stipules
• pas de vrilles
• chaque feuille est insérée à un niveau différent sur la tige, soit dans un même plan, soit en tournant autour de la tige (alterne)
• pas de poils
• tige cylindrique
• tige pleine
• tige lisse
• pas de latex
• fruit simple : un fruit en une seule partie dans chaque fleur
• fruit charnu ne s’ouvrant pas à maturité (non déhiscent)
• orange
• la plus grande dimension du fruit est supérieure à 1 cm
• le fruit est vraiment sphérique (les groseilles par exemple)

Généralités

Les inscriptions de l’Égypte et de Babylone, les textes de la Bible ne font aucunement mention de l’abricot.

Selon Pline l’Ancien, l’abricotier serait originaire de Mongolie d’où les caravanes chinoises l’auraient apporté jusqu’au royaume des Parthes, sur les bords de la mer Caspienne. Là, il serait devenu l’arbre emblématique de l’Arménie et se serait répandu en Europe, d’où son nom scientifique d’espèce : armeniaca . Sa culture se propagea d’Arménie en Grèce puis en Italie vers le milieu du premier siècle de notre ère. Romains et Arabes l’emportèrent ensuite dans leurs bagages de conquérants.

Son fruit est symbole du sexe féminin. On raconte qu’Eudoxie, impératrice d’Orient, scandalisait l’Église byzantine par son luxe et ses débauches; lorsqu’elle exila le Patriarche Jean Chrysotome de Constantinople, le peuple assiégea son palais et le bombarda d’abricots.

À la Cour de France, le rébus, déjà à la mode durant toute la Renaissance, devint une véritable manie sous le règne d’Henri III : « mignons » et duchesses rivalisaient d’esprit pour y introduire le mot « abricot » à des fins de marivaudage d’un goût souvent assez douteux. Finalement, la Reine se fâcha et fit interdire l’emploi du nom de ce fruit dans ces jeux.

D’innombrables recettes de charmes ou de filtres incluent pulpe ou essence d’abricot pour susciter la passion amoureuse.

Expressions :
Abricot fendu : désignait au XVIIIe siècle le sexe féminin.

Usages

Ce sont ces fruits et leur amande que l’on emploie pour des pratiques tant médicinales, qu’alimentaires ou magiques.

L’abricot mûr est un fruit recherché, nourrissant, dépuratif, riche en vitamines A et C et en fer, apéritif, très énergétique et équilibrant du système nerveux. L’abricotier d’Amérique ou de Saint-Domingue (Mammea americana L.) appartient, lui, à la famille des Guttifères. Ce nom impropre lui a été donné par les premiers colons qui ne savaient comment le nommer;  cultivé aux Antilles, son fruit arrondi, dont le volume est le double de celui d’un poing, est préparé à l’état de compote, à laquelle on ajoute du vin sucré et aromatisé ainsi que les fleurs pour obtenir une liqueur nommée  » Eau des Créoles « . La consommation de l’abricot convient aux nerveux, aux intellectuels surmenés, atteints d’anémie par perte de sang, ou d’arthrite – comme alcalinisant. En revanche, ceux qui digèrent mal ou ont un foie sensible devront l’éviter. Les médecins arabes prescrivaient l’huile extraite des noyaux d’abricot pour soigner les hémorroïdes, les maux de nez et d’ oreilles. Sa consommation exclusive guérirait l’aphonie. Extérieurement, dans la pratique populaire, on l’utilise bien mûr en masque de beauté reconstituant, nourrissant et adoucissant :  par son action calmante, c’est un excellent antirides. L’abricot est synonyme de dessert de choix en cru et en cuit (marmelade, confiture, pâte confite) mais attention !  : s’il n’est pas mûr, il est indigeste.

Son amande, amère, très oléagineuse, est comestible mais son enveloppe – qu’il convient d’éliminer dans toute préparation culinaire – renferme une substance génératrice d’acide cyanhydrique qui est un poison violent.

Valeur nutritive

L’abricot frais et cru apporte 45 kcalories pour 100 g de partie comestible et contient :

  • Eau (85 %)
  • Glucides (11 %)
  • Lipides (0,1 %)
  • Protides (0,8 %)
  • Fibres alimentaires (2 %)
  • Substances minérales et oligo-éléments : Calcium, chlore, cuivre, fer, magnésium, manganèse, molybdène, nickel, phosphore, potassium, sodium, soufre, zinc.
  • Vitamines : B1 – B2 – B3 ou PP – B5 – B6 – B9 – C – E – Provitamine A (grande richesse).
  • Autres substances notables : Aucune

L’abricot est un aliment alcalinisant nutritif, énergétique et rafraîchissant qui :

  • augmente globalement les défenses biologiques naturelles ;
  • possède une action anti-anémique ;
  • faciliterait la régénération cellulaire (notamment au niveau du tissu nerveux);
  • renforce la résistance de l’organisme;
  • favorise la croissance et retarde la sénescence;
  • asthénie physique, intellectuelle ou psychique, ainsi que les convalescences;
  • anorexie

Indications particulières :

  • sphère sanguine : anémie simple.
  • sphère neuro-psychique : nervosisme – état dépressif léger.
  • voie locale externe (sous forme de jus) : soins du visage et prévention des rides.

Les humains connaissent l’abricot depuis des milliers d’années. Lors de fouilles archéologiques, des noyaux d’abricot datant de plus de 6 000 ans avant J.-C. ont été trouvés dans le sol de Shenchovit, une ancienne ville arménienne située près de Yerevan. L’abricot est toutefois mentionné pour la première fois dans une lettre écrite en chinois datant de plus de 4 000 ans.

L’abricotier commun – Prunus armeniaca L. (Armeniaca vulgaris Lam.) provient des hautes régions montagneuses de l’Hindu Kush (Tien Shan en Asie centrale), point de convergence actuel des frontières de la Chine, du Tajikistan, de l’Afghanistan et du Pakistan. De nos jours, des forêts naturelles et de très vieux abricotiers isolés existent encore dans le Nord-Est de la Chine et au Caucase. Les Tajiks, peuple ancien de Sogdain, ont probablement été les premiers à domestiquer cet arbre fruitier. Étant donné que l’abricot était leur seule source de sucre, ils ont réussi à développer au cours des siècles des sélections supérieures et des cultivars comme l’Ameri et l’Hodjendi, dont le fruit sec se compose de plus de 85 % de sucre.

Les gérontologues savent très bien que les Hunzas, les habitants des montagnes du Nord du Pakistan, qui vivent tout près du lieu d’origine de l’abricotier commun, sont les individus qui sont le plus en santé et qui détiennent la meilleure longévité au monde. Selon les chercheurs et les médecins qui ont étudié les Hunzas dans leur environnement naturel pendant les années 1950 et 1960, 100 % de la population avait une vision parfaite, alors que le cancer, l’insuffisance coronaire, l’hypertension artérielle, l’hypercholestérolémie et même l’appendicite et la goutte étaient encore des maladies inconnues. Les hommes et les femmes centenaires de ce peuple profitent pleinement de la vie. Vous vous demandez probablement ce qu’ils mangent pour être forts, actifs et en santé à 100 ans ou même 120 ans. En fait, il n’y a rien de bien spécial dans leur nourriture, qui est plutôt ordinaire. La seule différence des habitudes alimentaires de l’Ouest est que les Hunzas ne consomment pas de gras animal. Leur diète est riche en fruits frais ou secs, en noix, et notamment en abricots et leur noyau. De plus, leur principale source d’huile provient des graines d’abricot. Ce fruit a tellement d’importance dans la vie des Hunzas que la richesse d’une personne se mesure au nombre d’abricotiers qu’elle possède.

Les noyaux d’abricot contiennent en moyenne 21 % de protéines et 52 % d’huile végétale, et leur utilisation est très répandue en remplacement des amandes dans la nourriture, les cosmétiques et l’industrie pharmaceutique. Grâce à leur haute teneur en amygdaline, les graines d’abricots sont une excellente source de vitamine B17 et sont utilisées comme traitement du cancer en médecine douce. Il faut cependant souligner que les graines doivent être cuites avant d’être consommées, car elles peuvent être toxiques lorsqu’elles sont ingérées en grande quantité. En plus de posséder des graines aux propriétés anticancéreuses, ce fruit est une véritable petite pharmacie naturelle. L’American Cancer Society déclare que les abricots et les aliments riches en carotène peuvent diminuer le risque de cancer du larynx, de l’œsophage et des poumons. Une seule poignée d’abricots contient 100 % de l’apport quotidien recommandé de bêta-carotène, un antioxydant puissant que notre corps transforme en vitamine A. Il aide à prévenir la formation de plaques sur la paroi interne des artères, fortifie notre système immunitaire et contribue à la santé des yeux, de la peau, des cheveux, des gencives et des glandes. Le cobalt et le cuivre contenus dans l’abricot, et particulièrement sa haute teneur en fer, font de ce fruit un excellent aliment pour combattre l’anémie et un ingrédient irremplaçable dans la préparation des aliments pour bébé. L’abricot est une excellente source de potassium et il a été cliniquement prouvé que le fruit frais ou sec ainsi que son nectar sont un bon remplacement aux diurétiques d’origine chimiques. L’abricot et les produits qui en dérivent favorisent le bon maintien des liquides organiques en équilibrant la pression artérielle et les fonctions cardiaques. Ce fruit est également riche en bore, une substance qui a récemment été reconnue comme l’un des facteurs de prévention contre l’ostéoporose parce qu’elle freine la baisse du niveau d’œstrogène des femmes en postménopause. Bref, la liste des propriétés nutritionnelles et médicinales de l’abricot et de son noyau pourrait s’allonger encore et encore. L’abricot sec est compact, riche en minéraux, en oligo-éléments et en macro-éléments. Il n’est donc pas surprenant que l’abricot sec soit un aliment de choix dans les provisions des astronautes de la NASA.

L’abricot est sans aucun doute un excellent aliment pour la santé des jeunes ou des plus âgés. Cependant, il doit être bon au goût pour que les consommateurs l’intègrent dans leurs habitudes alimentaires comme aliment régulier. À la différence d’un bon nombre de variétés de fruits, les abricots ne peuvent pas développer leurs qualités organoleptiques une fois qu’ils ont été cueillis. Bien avant d’être disponibles sur le marché, les abricots que l’on trouve dans les supermarchés de l’Ontario sont cueillis, entreposés, puis expédiés de la Californie ou du Chili. Les techniques d’entreposage et de transformation modernes peuvent, jusqu’à un certain point, préserver l’apparence du fruit, mais ne peuvent pas remplacer l’arôme du fruit sucré et juteux fraîchement cueilli qui a mûri sur l’arbre. Malheureusement, la production d’abricots en Ontario a connu une tendance à la baisse au cours des dix dernières années; il devient donc de plus en plus difficile pour les consommateurs de trouver des abricots frais et produits localement. Cela devrait susciter une réflexion.

Rumen Conev – Département de phytotechnie/Université de Guelph


Bibliographie:

Livres

Phytothérapie, traitement des maladies par les plantes par J. Valnet. Malaine S.A. éditeur  1983.

Les tisanes : Plus de 60 recettes de délicieuses tisanes par Richard Craze. Éditions Soline 1998, 80 pages.

Aromatherapy by Janet Emerson. Copyright 2004 by BizDirect. / iSynergyGroup.

Encyclopédie des plantes médicinales par Andrew Chevallier. Sélection Reader’s Digest 1997.

Chinese Nutrition Therapy, Dietetics in Chinese Traditional Medecine by Joerg Kastner, M.D., L.Ac. Thieme December 17, 2008.

A Guide to Medicinal Plants, an illustrated, scientific and medicinal approach. by Koh Hwee Ling, Chua Tung Kiam, Tan Chay Hoon. World Scientific Publishing, 2009.

AROMATHERAPY, Top Aromatherapy Essential Oils, Balms and Lotions by Janet Emerson. Copyright 2004 by BizDirect. / iSynergyGroup.

Chinese and related North American Herbs, Phytopharmacology and Therapeutic Values by Thomas S.C. Li, Ph.D. CRC Press Taylor & Francis Group 2009.

A Clinical Guide to Chinese Herbs and Formulae by Chen Song Yu, Li Fei. Churchill Livingstone 1993.

The Constituents of Medicinal Plants, an introduction to the chemistry and therapeutics of herbal medecine. by Andrew Pengelly. Allen & Unwin 2004.

Dictionary of Plant Lore by Donald Watts BA MIL.  Elsevier 2007.

Logiciels

L’encyclopédie des plantes médicinales,  version cd-rom par la compagnie Emme au temps de Windows 95. N’est plus disponible.

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